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Trump reçoit l’Italien Conte, un Européen proche de ses idées

Donald Trump a accueilli lundi à la Maison Blanche le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, un dirigeant européen populiste avec lequel il partage des affinités, notamment sur l’immigration et le commerce.

“C’est un homme qui fait un travail formidable”, a estimé dans le Bureau ovale le président des Etats-Unis, saluant la politique migratoire de M. Conte.

“Je sais qu’il a une position très ferme à la frontière”, a poursuivi Donald Trump. “Beaucoup d’autres pays en Europe devraient faire pareil”, a estimé le locataire de la Maison Blanche, volontiers critique à l’égard de l’Union européenne, avant un premier entretien en tête-à-tête qui devait être suivi de discussions bilatérales élargies aux délégations.

“L’Italie est un important allié de l’Otan, un partenaire éminent en Afghanistan et en Irak et est cruciale pour amener la stabilité dans la région méditerranéenne”, soulignait la Maison Blanche en annonçant fin juin cette visite, la première du nouveau Premier ministre italien que M. Trump avait déjà jugé “super” lors du dernier G7, début juin au Canada.

“Il est très ferme sur l’immigration, comme moi”, avait alors déclaré le milliardaire républicain, qui veut construire un mur à la frontière avec le Mexique pour lutter contre l’immigration clandestine et n’a pas hésité à séparer les enfants de leurs parents arrêtés pour avoir franchi illégalement la frontière.

Selon la presse italienne, la visite à Washington de ce professeur de droit sans expérience politique doit lui permettre de se doter d’une stature internationale, lui qui, en Italie, est régulièrement dans l’ombre de ses deux encombrants vice-présidents du Conseil qui l’ont choisi pour diriger le gouvernement: Luigi Di Maio, chef des antisystème du Mouvement 5 Etoiles, et Matteo Salvini, patron de la Ligue, une formation d’extrême droite.

Mais ce dernier, à l’origine de la fermeté affichée par Rome sur l’immigration, a une nouvelle fois fait parler de lui dimanche en postant sur Facebook, le jour de l’anniversaire de la naissance de Benito Mussolini, une phrase souvent prononcée par le dictateur fasciste — “beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur”.

Amis de la Russie

Autre point commun entre MM. Trump et Conte, les deux hommes sont favorables à de meilleures relations avec la Russie.

Au Canada, M. Trump avait appelé le G7 à réintégrer la Russie, exclue en 2014 après l’annexion de la Crimée. “Ils devraient réintégrer la Russie. Parce que nous devrions avoir la Russie à la table de négociations”, avait-il dit.

Photo des dirigeants du G7, le 8 juin 2018 à La Malbaie, au Canada

(credit photo POOL/AFP/Archives) Photo des dirigeants du G7, le 8 juin 2018 à La Malbaie, au Canada

M. Conte, dont c’était la première grande réunion internationale, s’était dit “d’accord” avec le président américain, se démarquant de ses collègues européens.

Sur le commerce, les deux hommes partagent le même scepticisme à l’égard du libre-échange: M. Trump a dénoncé plusieurs accords internationaux comme l’Aléna (avec le Canada et le Mexique) ou l’accord de libre-échange transpacifique (TPP), tandis que le gouvernement de M. Conte refuse de ratifier l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA).

Pourtant, selon Nick Ottens, de l’Atlantic Council, le président américain “risque de ne pas trouver l’allié auquel il s’attend” avec le chef du gouvernement italien.

Sur les échanges commerciaux, le rejet par le nouveau gouvernement italien des accords multinationaux risque de compromettre l’objectif de M. Trump de parvenir à éliminer tout tarif douanier avec l’Union européenne, explique cet expert.

Selon la presse italienne, M. Conte souhaite notamment préserver le secteur automobile italien, menacé de taxes américaines à l’importation, et veut défendre les activités des entreprises italiennes en Iran, que M. Trump veut empêcher par le rétablissement des sanctions contre Téhéran.

Et dans le domaine de la défense, l’Italie a fait savoir qu’il était hors de question qu’elle atteigne l’objectif de dépenses pour le secteur à hauteur de 2% du PIB, a fortiori le nouvel objectif de 4% fixé par M. Trump aux alliés lors du dernier sommet de l’Otan.

“Nous nous sommes regardés et nous avons souri: nous pensions que les 2% étaient déjà hors de portée”, déclarait récemment la ministre italienne de la Défense Elisabetta Trenta.

Plus consensuelle, la participation de l’Italie aux opérations de l’Otan en Afghanistan, en Irak et en Syrie devait figurer à l’agenda des deux hommes ainsi que les efforts diplomatiques italiens pour soutenir le processus de réconciliation en Libye.

Publié le lundi 30 juillet 2018 à 19:45, modifications lundi 30 juillet 2018 à 19:45

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