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Tafta : La France dit stop

La France a déclaré vouloir “un arrêt des négociations” sur le projet de traité transatlantique entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Après les doutes du ministre allemand de l’économie, ces accords semblent être mal engagés.

Le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, Matthias Fekl, a annoncé mardi 30 août que le gouvernement français allait demander à la Commission européenne d’arrêter les négociations sur le projet de traité de libre-échange entre Européens et Américains (appelé aussi Tafta ou TTIP).

Dans le même temps, François Hollande a déclaré, dans son discours diplomatique de rentrée devant les ambassadeurs français, que

Les discussions en ce moment-même sur le traité entre l’Europe et les Etats Unis ne pourront pas aboutir à un accord d’ici la fin de l’année.

Cette opposition française vient rejoindre celle du ministre de l’Economie allemand, Sigmar Gabriel, qui avait estimé que les négociations entre Européens et Américains avaient échoué.

Négocié dans le plus grand secret depuis mars 2013 par le gouvernement américain et la Commission européenne, l’accord de libre-échange transatlantique vise à supprimer les barrières commerciales et réglementaires de part et d’autre de l’Atlantique.

Ainsi, en abaissant les droits de douane et en rapprochant les réglementations cela pourrait permettre de créer une vaste zone de libre-échange censée stimuler l’activité. Si ce projet aboutissait il y aurait alors une zone de libre-échange la plus importante de l’Histoire, couvrant 45,5 % du PIB mondial.

Cependant ce projet de Tafta (pour Trans-atlantic free trade agreement) fait l’objet depuis le début de vives critiques d’ONG altermondialistes ou environnementales, qui craignent qu’il ne conduise à une déréglementation généralisée au profit des grandes entreprises, avec à la clé un nivellement par le bas des normes européennes, notamment sur les OGM, le gaz de schiste, ou encore les Appellations d’origine contrôlée (AOC)…

D’où le risque, soulevé par certains, de voir arriver sur le marché européen des poulets lavés au chlore, des bœufs nourris aux hormones ou encore des OGM. De nombreux industriels américains aimeraient en effet voir ces produits, largement interdits par la réglementation européenne, traverser l’Atlantique à la faveur de l’harmonisation des réglementations.

Ainsi, après des mois de difficiles tergiversations, la France a décidé d’en finir avec les négociations

Cependant, ce n’est pas la première fois que la France exprime son désaccord quant aux négociations du traité de libre-échange transatlantique. Début mai, Matthias Fekl avait déclaré que l’arrêt des négociations était « l’option la plus probable ». En juin dernier, la France, comme les autres Etats membres de l’Union européenne, a pourtant renouvelé le mandat donné en 2013 à la Commission européenne pour négocier avec les Etats-Unis.

Cette fois encore, le gouvernement français s’est dit insatisfait de l’attitude des Etats-Unis :

Les Américains ne donnent rien ou alors des miettes.

A estimé le secrétaire d’État.

Ce n’est pas comme ça qu’on doit négocier entre alliés. Les relations ne sont pas à la hauteur entre l’Europe et les États-Unis, il faut reprendre plus tard sur de bonnes bases.

Du côté de la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, estime que :

Les négociations n’ont pas échoué et ne sont pas finies.

Même son de cloche pour le représentant spécial américain au Commerce extérieur, Michael Froman, qui a déclaré que

Les négociations font des progrès constants.

Pourtant, il semblerait que le calendrier des négociations soit soumis aux échéances des élections présidentielles successives, en France et aux Etats-Unis.

En Europe comme outre-Atlantique, le sujet est délicat. Les citoyens y sont plutôt opposés, donc les candidats ne veulent pas prendre le risque de se mettre à dos une partie de l’opinion publique en affichant publiquement leur soutien au traité transatlantique.

Publié le mercredi 31 août 2016 à 16:02, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

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