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Syrie : Partie rejoindre Daesh par amour, une femme témoigne

Sarah a tout quitté pour partir retrouver l’homme qu’elle aime en Syrie où il a rejoint les rangs des djihadistes. Un voyage qu’elle regrette aujourd’hui et dont elle éprouve de la honte.

J’ai honte

C’est au micro de France Inter, qu’une jeune femme qui se fait appeler « Sarah » a décidé de raconter son voyage de la honte. Cette dernière a tout quitté afin de se rendre en Syrie pour rejoindre l’homme qu’elle aime :

Je suis partie par amour. Je l’ai connu je venais d’avoir 18 ans, j’ai eu mes enfants avec. Quand je suis partie, je venais d’accoucher de ma dernière fille. Je suis partie pour qu’il la voie, qu’il la connaisse. Je n’avais pas une idée dans la tête, une idéologie ou quoi que ce soit.

Sans rien dire à personne, pas même à ses proches, Sarah est partie avec ses trois enfants afin de rejoindre son mari parti faire le djihad en Syrie. Malheureusement, une fois sur place le quotidien de cette mère au foyer est loin de ressembler à un conte de fées :

J’étais à la maison toute seule, je m’occupais du ménage, je faisais l’école à mes enfants. Je parlais souvent avec ma famille, parce que lui était souvent absent.

Et d’ajouter :

Quand on arrive, la plupart des gens sont armés, c’est ce que l’on voit en premier, ça choque. J’avais tout le temps peur, il n’y a pas un jour ou même une nuit où j’étais tranquille.

En plus de la solitude, Sarah doit faire face à la peur. La peur d’être tuée ou violée. Afin de se protéger, son mari souhaite lui créer une ceinture d’explosifs. Il veut que sa famille meure en martyr. Face à la violence du quotidien, Sarah décide de s’enfuir avec ses enfants. De retour en France, Sarah est arrêtée et condamnée à une peine de prison aménageable.

Aujourd’hui, la jeune femme âgée de 30 ans regrette ce voyage :

J’ai honte

En instance de divorce, Sarah espère que son témoignage pourra dissuader celles qui souhaitent se rendre en Syrie de partir.

Et de conclure :

On entend beaucoup de choses, on nous dit que c’est presque comme le paradis, on a des villas, on ne manque de rien, mais ce n’est pas du tout ça. La plupart de la population s’enfuit. Ils préfèrent mendier que d’être là-bas, il faut se poser des questions.

On estime que 200 Françaises seraient aujourd’hui dans les rangs des djihadistes.

Publié le jeudi 14 avril 2016 à 15:34, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

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