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Sonia Imloul, ex-figure de la déradicalisation, jugée pour détournements de fonds

Sonia Imloul, une ancienne figure médiatique de la déradicalisation et ancienne responsable d’une structure chargée d’accompagner les familles de jeunes tentés par le djihad, sera jugée à Paris pour détournement de subventions, blanchiment et travail dissimulé.

Sonia Imloul, ancienne directrice d’une structure destinée à désintoxiquer les jeunes en voie d’endoctrinement islamiste, va être jugée ce lundi 13 mars par le tribunal correctionnel de Paris pour détournement de fonds publics, blanchiment et travail dissimulé.

En effet, selon une information du site 20 minutes, les autorités lui reprochent d’avoir détourné des subventions, versées à hauteur de 60.000 euros.

De plus, elle aurait employé trois personnes dans sa structure sans leur verser de salaire, ni leur fournir de contrats de travail. Même si l’une d’entre elle a finalement eu un contrat de travail antidaté et dit avoir perçu une somme d’argent.

Ainsi, de l’automne 2014 à l’été 2015, sa « Maison de la prévention et de la famille », installée à Aulnay-sous-Bois (en Seine-Saint-Denis), a symbolisé les efforts de l’Etat pour tenter de désendoctriner les jeunes gens séduits par l’idéologie mortifère de l’Etat islamique.

Elle accueille à l’époque des familles envoyées par la préfecture de police de Paris, dans un appartement loué à Aulnay-sous-Bois. Pourtant, un an plus tard, la structure met la clef sous la porte. La raison : les autorités lui ont retiré leur soutien.

Des bilans falsifiés

Officiellement, les bilans réclamés par la préfecture de police ne sont pas satisfaisants. En effet, les autorités ont été alertées par l’équipe d’un certain nombre de dysfonctionnements.

Sonia Imloul avait affirmé à L’Express qu’elle employait sept personnes. Elle avait ajouté être même sur le point de « doubler, voire tripler » cet effectif.

Des embauches rendues possibles grâce à une première subvention de 35 000 euros accordée par la Préfecture de police de Paris.

Or, c’est justement l’utilisation de cette somme qui vaut à Sonia Imloul ses démêlés actuels avec la justice.

Nos effectifs, en réalité, n’ont jamais dépassé cinq ou six personnes. En nous comptant, Sonia et moi, ainsi que notre unique psychologue stagiaire.

A déclaré Julien Revial, un ancien collaborateur de l’association et auteur du livre Cellule de déradicalisation. Chronique d’une désillusion (paru chez Michalon).

Aucune de ces petites mains qui ont travaillé pour elle n’a touché 1 euro sur la subvention versée par la Préfecture…

A-t-il ajouté.

Ainsi, la petite équipe en ayant assez de ne pas être payée. Elle a donc fini par alerter la Préfecture de police sur la gestion chaotique et les curieuses initiatives de Sonia Imloul.

On retrouve notamment celle de sous-louer à des étudiantes deux pièces du fameux appartement d’Aulnay-sous-Bois. Une adresse qui était, pourtant, jalousement protégée par souci de sécurité.

Une enquête de la Brigade financière

Ces entorses présumées au droit ont fait l’objet d’un signalement auprès du procureur de la République. Ce dernier a alors décidé de confier l’enquête à la Brigade financière. Par conséquent, Sonia Imloul et ses anciens collaborateurs se reverront pour la première fois depuis de longs mois devant la 12e chambre du tribunal correctionnel de Paris ce lundi.

Sur le banc des parties civiles, deux ex-employés. Une mère dont la fille était partie en Syrie et qui avait intégré l’association. Ainsi que Julien Revial, qui avait été recruté pour l’aider à bâtir le projet et accomplir divers travaux rédactionnels.

En outre, celui-ci a précisé qu’une quinzaine de familles dont les enfants avaient déjà gagné le territoire de l’organisation terroriste était suivie.

Cependant, ce n’est pas tant sur ses méthodes que sur sa gestion du budget que Sonia Imloul devra se justifier.

Publié le lundi 13 mars 2017 à 9:57, modifications lundi 13 mars 2017 à 9:57

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