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Sonde Rosetta : La fin d’une mission historique

Après douze ans de voyage dans le Système solaire et huit milliards de kilomètres, Rosetta s’est finalement posée à la surface de la comète Tchouri, non loin de son atterrisseur Philae.

La sonde européenne Rosetta a entamé sa lente descente sur la comète Tchouri ce vendredi 30 septembre vers 12h39, s’éteignant automatiquement au contact du sol.

Cet atterrissage marquait ainsi la fin d’une odyssée spatiale d’une décennie pour tenter de percer les mystères de la formation du système solaire.

Cette fin spectaculaire clôt un périple de 7,9 milliards de kilomètres, couronné par près de 26 mois de compagnonnage fructueux avec la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, plus connue sous le diminutif de Tchouri.

Lancée en mars 2004, la sonde Rosetta escortait depuis août 2014 la comète Tchouri. Mais comme cette dernière s’est éloignée de plus en plus du Soleil les grands panneaux solaires de la sonde ont commencé à manquer de puissance.

L’ESA (l’Agence Spatiale Européenne) a donc choisi de mettre fin à la mission pendant qu’elle contrôlait encore la sonde et que celle-ci avait encore assez de puissance pour travailler. Les ingénieurs ont fait ce choix pour éviter qu’elle ne continue à émettre après une éventuelle perte de contrôle, ce qui polluerait les fréquences utilisées par les stations d’écoute au sol lors des missions d’exploration lointaines.

Ainsi, à 13 h 19, les derniers signaux émis par la sonde avant de toucher le sol finissaient de traverser les 700 millions de kilomètres qui nous séparent d’elle. Puis plus rien. Contrairement à Philae qui se réveillera peut-être de son hibernation dans 3-4 ans si elle parvient à recharger ses batteries lors du prochain passage de la comète près du Soleil, Rosetta est définitivement morte et enterrée.

Cependant, la sonde a oeuvré jusqu’à la fin en photographiant sur Tchouri des petits blocs de minéraux.

Elle laisse en outre derrière elle des quantités considérables de données, dont seule une faible partie a déjà été analysés.

La comète n’a pas encore livré tous ses secrets, et les archives extraordinaires dont nous disposons à présent nous réservent sans aucun doute bien des surprises

A déclaré Matt Taylor, l’excentrique responsable scientifique de la mission, reconnaissable à ses tatouages et ses chemises colorées.

Ce n’est qu’un début, vous n’avez pas tout vu !

À l’heure du bilan, l’Europe peut s’enorgueillir d’avoir été la première à avoir visité une comète et surtout à s’être posée dessus, découvrant que les noyaux cométaires n’étaient pas les boules de glace poussiéreuses que l’on s’imaginait, mais des matrices très poreuses de matière organique qui emprisonnaient moins de 20 % d’eau.

La sonde a en effet découvert que l’eau de Tchouri ne ressemblait en rien à celle de la Terre. Les chercheurs ont donc conclu que cette famille de comètes n’a donc pas contribué à l’apport d’eau sur notre planète, comme ils le supposaient. Rosetta a en revanche identifié des molécules organiques nécessaires à l’apparition de la vie, notamment des acides aminés, qui pourraient avoir participé à

l’ensemencement de nos océans.

En effet, les comètes sont considérées comme étant « les archives du système solaire ». Elles n’ont pas changé depuis quatre milliards d’années. Elles contiennent du carbone, une forme d’eau et de la glycine, un acide aminé essentiel à la vie.

Rosetta : La fin d’une mission historique

A présent, quelques questions restent en suspens concernant la sonde :

Rosetta a-t-elle rebondi comme son atterrisseur Philae? Est-elle encore en état de fonctionner?

Cela semble peu vraisemblable, mais personne ne le saura jamais.

Si la sonde est n’est plus, les scientifiques estiment encore à dix ans de travail pour analyser les données rapportées par Rosetta.

Publié le samedi 1 octobre 2016 à 14:59, modifications samedi 1 octobre 2016 à 14:50

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