Société

Violences conjugales : les enfants comme victimes collatérales

25 enfants sont morts en 2016 suite aux violences conjugales de leurs parents. Un groupe de travail préconise de reconnaître en droit pénal le statut de victime pour les enfants.

25 décès en 2016

L’Observatoire régional des violences faites aux femmes du centre francilien est catégorique : en France, 143.000 enfants vivent dans un foyer où une femme a déclaré des violences physiques ou sexuelles au sein de son couple (chiffres Insee). Mais ce chiffre pourrait être loin de la réalité. En effet, selon une autre étude, si l’on tient compte des violences non déclarées, y compris verbales et psychologiques, 4 millions d’enfants seraient concernés.

En 2016, le ministère de l’Intérieur a recensé 25 décès d’enfants dans le cadre de violences conjugales, dont 9 ont été tués par leur père en même temps que leur mère. Lorsqu’elles ne sont pas fatales aux enfants, les violences conjugales peuvent avoir d’importantes répercussions sur la santé, le comportement et le développement des enfant.  De plus, il existe des risques de reproduction. Effectivement, une fois adultes, les enfants témoins de violences dans leur jeune âge peuvent involontairement reproduire le comportement de leurs parents.

Le groupe de travail, l’affirme :

D’après plusieurs études, entre 40% et 60% des conjoints violents sont aussi des pères violents

Un coût pour la société estimé à 422 millions d’euros

Accompagnement renforcé des enfants témoins de violences conjugales ou retrait de l’autorité parentale des maris violents : le centre Hubertine Auclert propose de mieux reconnaître et prendre en charge les enfants dans un rapport devant être rendu public jeudi.

L’Observatoire régional des violences faites aux femmes a réfléchi sur quelques solutions qui pourraient être apportées aux femmes et aux enfants victimes de violences. Le rapport recommande premièrement de reconnaître en droit pénal le statut de victime de l’enfant exposé aux violences conjugales, même s’il n’est pas directement ciblé. Il préconise un accès simplifié à l’hébergement d’urgence et une meilleure application de la législation sur l’éviction du conjoint violent du domicile. Ainsi, les dispositifs de mise en sécurité des femmes victimes de violences et de leurs enfants seraient améliorés.

Il est également conseillé dans ce rapport de développer, notamment dans le milieu associatif, des dispositifs spécialisés d’accompagnement des enfants. Ces derniers se verraient avoir la possibilité de rejoindre des groupes de paroles, ou d’accéder à un suivi psychologique pour les aider à se reconstruire. Pour ceux qui ont été témoins des actes les plus violents comme le meurtre de l’un de leurs parents par l’autre parent, il propose de généraliser le dispositif “féminicide” expérimenté en Seine-Saint-Denis. Ce dispositif consisterait à prendre en charge l’enfant premièrement par une hospitalisation de trois jours au cours de laquelle ses traumatismes sont évalués.

Rappelons que récemment, un sondage avait révélé que 138 personnes sont décédées, victimes de la violence de leur partenaire ou ex-partenaire en 2016.

Publié le jeudi 7 septembre 2017 à 15:22, modifications jeudi 7 septembre 2017 à 15:43

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