Société

Victoire d’Emmaüs : les marques de vêtements bientôt interdites de jeter leurs invendus

Après avoir porté la demande pendant plusieurs mois, Emmaüs peut se réjouir de la nouvelle décision annoncée par le gouvernement. Celle-ci visera à interdire l’élimination des invendus, et fera bénéficier les associations caritatives de ces derniers.

Ce 23 avril 2018, c’est une grande avancée qu’annonçait la feuille de route du gouvernement sur l’économie circulaire. Passée inaperçue, elle marque pourtant une évolution considérable dans la lutte contre le gaspillage. Grande victoire pour Emmaüs, elle répondra aussi au Greenwashing entrepris par de grandes marques vestimentaires.

La fin du gaspillage pour 2019?

L’idée serait d’appliquer les grands principes de la lutte contre le gaspillage alimentaire au domaine du textile. En effet, depuis février 2016, la loi oblige les grandes et moyennes surfaces de plus de 400 mètres carrés à établir une convention avec une association caritative dans leur but de leur donner les invendus alimentaires. Dans le domaine du textile, il s’agirait d’interdire la destruction des invendus et d’en faire don à diverses associations.

Ainsi, le gouvernement souhaiterait donc qu’aucun invendu ne soit jeté ou éliminé. Ceci prendra du temps, et nécessite tout d’abord d’établir un résumé de la situation actuelle. Valérie Fayard, directrice adjointe générale d’Emmaüs, a détaillé ceci :

Pour l’instant, rien n’est vraiment précisé, c’est une feuille de route de présentation, mais c’est une bonne nouvelle. L’échéance de 2019 va permettre au gouvernement de lancer un état des lieux de la situation, calculer le nombre de tonnages jetés, les procédés mis en place par les marques, les difficultés…

La demande effectuée depuis plusieurs mois par Emmaüs sera donc effective d’ici 2019. Une victoire remarquable pour l’association.

Un nouveau coup au greenwashing en France?

Le greenwashing ou “éco blanchiment” est bien connu par les grandes entreprises. Le concept consiste à venter ses produits vendus comme “écologiques” ou “protégeant la nature” alors que ces derniers n’ont qu’un lien minime voire inexistant avec la protection de l’environnement. En utilisant l’argument écologique (à mauvais escient), les grandes entreprises textiles ont pour but de redorer leurs images. Par cette argument, de nombreuses marques tentent de camoufler leurs dérives collatérales.

Tel est le cas de H&M, qui fut pointé du doigt à de nombreuses reprises pour les conditions de travail de ses couturières, ou encore accusé d’avoir brûlé plus de soixante tonnes d’invendus depuis 2013. Le magasin Célio de Rennes fut lui aussi récemment photographié en train de lacérer des invendus. Avec cette nouvelle loi, les associations pourront désormais bénéficier des invendus, le tout dans une optique “zéro déchet” honorable.

Publié le mercredi 2 mai 2018 à 11:25, modifications mercredi 2 mai 2018 à 10:36

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