Société

Universités : les blocages se poursuivent, des profs montent au créneau

Plusieurs universités restaient bloquées mardi et des manifestations étaient prévues contre la loi sur les nouvelles modalités d’accès à l’enseignement supérieur, un mouvement qui a reçu le soutien de centaines de profs dénonçant la mise en place d'”une sélection hypocrite”.

Une manifestation à Paris à l’appel d’une intersyndicale devait partir à la mi-journée de la Sorbonne vers la fac de Jussieu, pour protester contre la loi promulguée le 8 mars qui demande pour la première fois aux universités de classer les candidatures des bacheliers. Une manifestation est aussi prévue à Lille en début d’après-midi.

Trois universités sont toujours entièrement bloquées depuis plusieurs jours, voire des semaines : Paul-Valéry à Montpellier depuis mi-février, Jean-Jaurès à Toulouse depuis début mars, et Paris-8 en région parisienne, plus récemment.

Ailleurs, la situation est plus mouvante, avec de nouveaux blocages ou des occupations levées chaque jour. Mardi à la mi-journée, le ministère de l’Enseignement supérieur chiffrait à “moins de dix” les sites universitaires perturbés sur les 400 que compte le territoire.

Un bâtiment de l'université de Strasbourg bloqué par des étudiants le 10 avril 2018

(credit photo AFP) Un bâtiment de l’université de Strasbourg bloqué par des étudiants le 10 avril 2018

À Strasbourg par exemple, deux nouveaux bâtiments universitaires ont été bloqués par une cinquantaine d’étudiants mardi, portant à trois le nombre de sites fermés administrativement depuis le début du blocage la veille. Les examens prévus mardi ont été reportés jusqu’à nouvel ordre.

Le président de l’université, Michel Deneken, a néanmoins assuré sur France Bleu Alsace que tout serait “mis en œuvre, y compris des surcoûts, pour que les étudiants passent leurs examens”.

Par ailleurs, un des deux campus de Rennes-2 est bloqué depuis lundi; le site de Censier (Paris-3) est fermé mardi; à l’Université Grenoble Alpes, plusieurs bâtiments sont bloqués; les cours ne sont pas assurés sur les sites de La Victoire à Bordeaux…

“En grève”

Des enseignants se sont publiquement associés au mouvement de protestation. Dans une tribune publiée mardi sur le site franceinfo.fr, plus de 400 professeurs ont dénoncé la “sélection hypocrite” de la réforme de l’accès à l’université, affirmant leur volonté d'”élever le niveau de ceux qui ne l’ont pas”.

On nous demande de classer les candidatures de sorte qu’un couperet tombera une fois les capacités d’accueil des filières saturées

déplorent ces profs.

Des CRS escortent des étudiants à l'extérieur de l'université de Nanterre le 9 avril 2018

(credit photo AFP/Archives) Des CRS escortent des étudiants à l’extérieur de l’université de Nanterre le 9 avril 2018

Nanterre, fac emblématique de région parisienne d’où était partie la contestation en Mai 68, a rouvert mardi, au lendemain de l’intervention musclée de CRS dans un bâtiment occupé par des personnes qui n’étaient pas des étudiants, selon la direction. Parmi les sept personnes interpellées, six n’ont pas encore été entendus tandis qu’un seul a été relâché.

J’ai été traîné. On voulait le dialogue et on a été sorti de force.

a déploré mardi un doctorant en philo auprès de l’AFP.

Les syndicats Sud éducation, le Snesup et l’Unef ont condamné l’intervention de la police. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux l’a justifiée, affirmant qu'”une infime minorité, souvent de personnes qui sont extérieures à l’université, n’empêcheront pas la tenue des cours”. La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, avait de son côté assuré lundi que 2018 ne serait pas “une année perdue”.

A Montpellier, à l’université Paul Valéry, plus de 800 examens dématérialisés concernant quelque 15.000 étudiants seront organisés d’ici le 20 avril, a indiqué son président, Patrick Gilli à l’AFP. A Lille, sur le campus de sciences juridiques politiques et sociales de Moulins, les étudiants convoqués pour leurs examens entraient en début de matinée dans le calme.

Corentin, étudiant en L2 en sciences politiques compte écrire “en grève” sur sa copie.

“L’enjeu c’est quand même l’année”, estime pour sa part Diane (prénom modifié), dans la même licence.

Ça va dépendre de ce qui se passe. La prof, qui est en grève, va venir faire une intervention avant. Si elle nous dit “ne faites pas” l’épreuve, on ne la fera pas.

Publié le mardi 10 avril 2018 à 13:38, modifications mardi 10 avril 2018 à 13:16

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