Société

Situation désastreuse pour la liberté de la presse en France selon RSF dans son rapport 2017

Reporters sans frontières vient de dévoiler son nouveau classement mondial de la liberté de la presse pour l’année 2017. La France arrive seulement à la 39ème position !

Reporters sans frontières (RSF) vient de dresser un constat accablant sur la presse en France. L’organisme vient de publier ce mercredi son rapport annuel sur la liberté de la presse. Ce document est accompagné d’un classement mondial. La France est située à un niveau assez alarmant. La France se retrouve donc à la 39ème place du classement mondial de la liberté de la presse 2017.

Le difficile combat pour exercer le métier de journaliste en toute liberté à travers la planète

Ce bilan alarmant dresse un constat sans appel. Selon RSF, la réalité à travers la planète est très difficile pour la profession.

Jamais la liberté de la presse n’a été aussi menacée.

Sur un total de 180 pays recensés, près de 72 connaissent une situation « très difficile [ou] très grave » sur la question de la liberté de la presse.

La France terriblement marquée par la tragédie de Charlie Hebdo

La France serait légèrement remontée de six places dans le classement cette année. Selon les précisions de RSF, relayées par 20 Minutes, ce bond récent est lié au contraste et à l’horreur de 2015, pour le classement 2016, avec l’attentat de janvier qui visait directement des journalistes.

Cette remontée est principalement mécanique après la chute exceptionnelle qu’elle avait connue en 2015 avec la tuerie de Charlie Hebdo.

Les critères de RSF pour établir le classement mondial de la liberté de la presse

Ce classement, établi par RSF, repose sur plusieurs critères : l’indépendance des journalistes, le pluralisme des médias, le cadre législatif, les violences à l’encontre des médias, ainsi que le nombre de journalistes blessés ou tuées dans le pays en question. Le pays est remonté au classement cette année en grande partie grâce à l’absence de victimes dénombrées en France parmi les journalistes dans l’exercice de leur métier.

Les journalistes deviennent de plus en plus la cible de la classe politique et du pouvoir

Christophe Deloire, Secrétaire Général de Reporters sans frontières, s’est confié à 20 Minutes sur la pression et les critiques envers les journalistes.

La situation n’a jamais été aussi mauvaise depuis 2013.

Le rapport est revenu sur l’acharnement de certains hommes politiques et du pouvoir à l’encontre de la presse et des médias.

Certains responsables politiques multiplient les attaques verbales contre « les médias menteurs ». [ …] Il devient normal d’insulter les journalistes, de les faire siffler et huer lors de meetings quand ils ne sont pas déclarés persona non gratta.

La surconcentration des médias : le nouveau fléau du journalisme ?

RSF a également dénoncé dans son rapport la trop grande concentration des médias.

Le nombre de ceux qui les détiennent s’amenuise peu à peu, aggravant ainsi leur dépendance aux pouvoirs politiques et économiques. En France notamment, la concentration de la plupart des grands médias n’a jamais été aussi avancée et le risque de conflits d’intérêts aussi grand.

L’attitude de Vincent Bolloré a notamment été épinglée par ce rapport. RSF indique qu’il :

n’a jamais caché son intention de peser sur les contenus éditoriaux des médias propriétés de son groupe Vivendi.

Des garde-fous au sein de la République ?

RSF a regretté que les dispositions de la loi Bloche (adoptée par l’Assemblée nationale à l’automne 2016) « visant à renforcer la liberté, l’indépendance et le pluralisme des médias » aient été finalement annulées par le Conseil constitutionnel.

L’ONG estime que la France reste un pays libre où les journalistes peuvent faire leur travail. RSF reste néanmoins extrêmement vigilante pour le cas de l’Hexagone.

Tout au long de la campagne présidentielle, RSF a fait part de ses revendications auprès des responsables politiques. Après les élections, nous serons attentifs à la mise en œuvre des recommandations, et que ces mises en œuvre ne soient pas artificielles et détournées de leurs sens.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont donc prévenus ! RSF continuera de veiller et de scruter avec attention les conditions d’exercice du métier de journaliste dès la prise de fonction du nouveau locataire de l’Elysée.

Publié le vendredi 28 avril 2017 à 8:28, modifications vendredi 28 avril 2017 à 8:38

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