Société

« Se prendre une Baupin » : la nouvelle blague à l’Assemblée Nationale

Et si les révélations sur Denis Baupin n’avaient fait que consolider le sexisme ambiant dans les rangs de l’Assemblée Nationale ?

Depuis l’enquête de Mediapart sur les accusations d’harcèlement sexuel à l’encontre de Denis Baupin, les blagues sexistes fusent à l’Assemblée Nationale. C’est en tout cas ce que semble mettre en exergue l’article publié par Slate sur son site internet le 13 mai.

Le constat qui y est dressé est affligeant et semble refléter la triste réalité de la classe politique française.

Pour preuve : invité à réagir au scandale, lundi dernier, le député Les Républicains, Pierre Lellouche a attisé l’indignation en déclarant :

Je commente l’international, les choses sérieuses, pas les histoires de bonnes femmes

Une déclaration qu’il a certes nié avoir tenue, mais qui a mis en lumière le sexisme qui domine à l’Assemblée Nationale depuis les accusations pour harcèlement sexuel portées à l’encontre de Denis Baupin. En effet, nombre de collaboratrices et collaborateurs parlementaires interrogés par Slate assurent tous d’une voix unanime que depuis ce fameux lundi, les remarques misogynes et les blagues obscènes se sont multipliées dans les couloirs du Palais bourbon :

Toi, on va t’envoyer Baupin, c’est la grosse blague du moment

a confié Juliette au site d’informations sous couvert d’anonymat.

https://twitter.com/Europe1/status/729976626277048320

Tout est tourné en dérision depuis lundi

a déploré une autre collaboratrice.

De toute évidence, le scandale Denis Baupin n’a révélé que la face cachée de l’iceberg et il semble que les révélations de Mediapart et France Info ont même ravivé le machisme latent qui sommeillait chez certains :

Oui, il y a plus de blagues sexistes

a avoué un certain Matthias, avant d’ajouter que pléthores de critiques désobligeantes fusaient sur le physique d’Emmanuelle Cosse, l’épouse du député au cœur de la polémique.

Une confession corroborée par Marlène qui a déclaré :

Certains nous ont dit : Baupin, on comprend qu’il a fait ça vu la gueule de sa femme.

Dans le même temps, d’autres ont choisis d’en rire, quitte à minimiser la gravité des faits reprochés à l’ex vice-président de l’Assemblée Nationale  :

C’est bon, ça va, ce n’est pas comme si c’était vraiment un viol non plus !

aurait lâché un député.

Ah je ne sais pas si je peux te dire bonjour, on sait jamais maintenant

aurait ironisé un autre.

Cécile Duflot a par ailleurs confirmé qu’il y avait « beaucoup de Denis Baupin » à l’Assemblée Nationale. La députée écologiste a elle-même fait longtemps les frais des comportements sexistes.

Rappelez vous par exemple ce jour de juillet 2012, à l’occasion d’une séance de questions au gouvernement, la robe à fleurs qu’elle portait lui avait lui avait valu quelques quolibets et sifflets de la part d’une poignée de députés.

Peut-être avait-elle mis cette robe pour ne pas qu’on écoute ce qu’elle avait à dire ?

avait renchéri Patrick Balkany.

Hélas, ce fléau ne se limite pas à l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, puisqu’il s’est même invité au sein même du gouvernement car le ministre des Finances, Michel Sapin, est lui aussi accusé d’avoir eu un geste déplacé envers une journaliste à la conférence de Davos en janvier 2015.

En effet dans leur livre L’Elysée Off, Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri, affirment que le ministre

a fait claquer l’élastique de la culotte d’une journaliste

Si dans un premier temps, Michel Sapin avait réfuté ces accusations, quelques jours plus tard il s’était finalement excusé pour son geste déplacé.

Toutefois, Slate précise que la plupart des élus et leurs assistants se sont dit choqués par les agissements de Denis Baupin et ont fermement condamné ces agissements.

Beaucoup de mes collègues hommes ont dit qu’ils ne comprenaient pas comment Baupin pouvait rester député. Ils ont soutenu la décision de Bartolone

a déclaré Laurène.

Pour ma part, dans le groupe écolo, l’heure n’est pas trop aux blagues. Je crois que tout le monde est un peu sonné et unanime pour soutenir les femmes qui ont osé parler

a jugé la collaboratrice parlementaire du député maire écologiste Noël Mamère.

Publié le samedi 14 mai 2016 à 12:06, modifications samedi 14 mai 2016 à 11:57

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