Société

Ryanair toujours embourbée dans des grèves à répétition dans toute l’Europe

En plein été, Ryanair doit faire face à une grave crise interne, synonyme de grève à répétition et de surcoûts liés aux annulations de vols.

Cette année, les conditions estivales ne sont pas synonymes d’embellie pour la compagnie aérienne Ryanair. En effet, avec 1.100 vols annulés en mai, 1.100 également en juin et 1.000 en juillet, la compagnie irlandaise connaît une grave crise interne. Car, moins d’une semaine après un large mouvement de grève des hôtesses et des stewards affectant plusieurs pays européens, Ryanair reste confrontée à un mouvement social sans précédent.

Malaise social

Pour le seul mois de juillet, le nombre de vols annulés a été multiplié par 44 comparé à l’an passé. Or, la compagnie à bas coûts Ryanair va devoir affronter de nouvelles grèves en dans les jours à venir. En effet, alors que les pilotes irlandais vont poursuivre leur mouvement, ils sont rejoints par leurs homologues suédois. Sans compter les menaces brandies en Allemagne et aux Pays-Bas. En outre, les pilotes irlandais sont désormais épaulés par leurs collègues en Suède. Ces derniers ont annoncé mercredi 1er août qu’ils seraient en grève le 10 août prochain.

Ainsi, Ryanair a enregistré vendredi 3 août le quatrième jour de grève de pilotes en Irlande, ce qui a contraint la compagnie irlandaise à annuler 20 vols sur les 300 prévus ce jour-là, soit 7 % du total. Ces annulations affectent 3 500 passagers, auxquels a été proposée une solution de rechange.

Par ailleurs, en représailles du mouvement, Ryanair a décidé de réduire le nombre de ses vols au départ de Dublin pour l’hiver 2018. La compagnie entend transférer des avions vers la Pologne. Une menace qui pourrait coûter leurs emplois à 300 personnes, à savoir 100 pilotes et 200 personnels de cabine. Toutefois, ce n’est pas la première fois que Ryanair fait planer cette épée de Damoclès pour dissuader tout mouvement social.

Cette crise interne a éclaté à la suite d’un sérieux problème de planning de pilotes en septembre 2017. Celui-ci a entraîné un grave conflit social et des annulations portant au total sur 20.000 vols dans les mois qui ont suivi.

Des annulations engendrées par les grèves inutiles, des pilotes et des personnels de cabine.

Selon les dires de la compagnie.

Un modèle économique fragilisé

Or, ces grèves ont contraint Ryanair à négocier avec les syndicats dans plusieurs pays, alors que la compagnie avait toujours refusé de les reconnaître. Pourtant, ces avancées sociales ont eu l’effet inverse. En effet, enfin reconnus après des années d’absence, les syndicats ont décidé de frapper encore plus fort. En surfant sur le ras-le-bol des salariés, ils ont réussi à instaurer un rapport de force. Et plutôt que d’agir pays par pays, les syndicats ont appelé à une grève générale dans tous les pays européens où la compagnie est présente.

En raison de cette crise, le directeur général du groupe Michael O’Leary a renoncé à son bonus au titre de 2018. Il aurait pu atteindre un million d’euros sur fond de bons résultats de la compagnie.  Il espère ainsi faire amende honorable des conflits sociaux et à la situation actuelle.En outre, avec ce malaise social sans précédent, c’est tout le modèle économique de Ryanair qui est menacé. En effet, son bénéfice net est en forte baisse, tout comme son action. Car ces grèves coûtent cher à Ryanair. Comme tous les transporteurs européens, la compagnie est tenue de réacheminer les passagers qui devaient voler avec elle le plus rapidement possible ou de rembourser le billet acheté. Résultat, lors sur le dernier trimestre, mars à juin, le bénéfice net de l’entreprise a baissé de 22%.

EasyJet en pleine forme

Ce lundi 6 août, Ryanair a proposé une médiation à ses pilotes irlandais. Cette proposition a été accueillie favorablement par le syndicat Forsa. Toutefois, elle laisse pour l’heure peu d’espoir d’une suspension du mouvement.

Néanmoins, dans le secteur du low-cost, cette crise détonne avec les bons résultats du numéro deux du secteur, EasyJet. En effet, avec 1.000 lignes en Europe, la compagnie anglaise multiplie les nouvelles destinations. Et notamment en France. En mars dernier, elle a inauguré une nouvelle base à Bordeaux. Il s’agit de la sixième en France et la trentième en Europe.

Publié le lundi 6 août 2018 à 13:32, modifications lundi 6 août 2018 à 11:26

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