Société

Réchauffement climatique : Un paquebot de luxe va traverser l’Arctique

Un paquebot de croisière de luxe au départ d’Alaska va rallier New-York en passant par l’Arctique pour la première fois. Un défi risqué qui a été rendu possible par le réchauffement climatique et la fonte des glaces.

Le Washington Post a rapporté que le 15 août dernier, le Crystal Serenity accueillant plus de 1 000 personnes a quitté Anchorage, en Alaska. Le luxueux paquebot doit arriver à New-York le 16 septembre. Avant cela, il traversera l’Arctique pour la première fois de l’histoire.

Cette croisière hors norme a pu être réalisé par un désastre écologique qui touche l’Arctique. En effet, dans cette région, la plus touchée proportionnellement par les conséquences du changement climatique, la température augmente deux fois plus rapidement que la moyenne mondiale.

De ce fait, le paquebot passera par le passage du Nord-Ouest, entre les îles arctiques du Grand nord canadien. Cette zone a été récemment libérée des glaces, dont la fonte s’intensifie dramatiquement avec le réchauffement climatique.

Le croisiériste Crystal promet :

Une vue imprenable sur les grands glaciers, des fjords extraordinaires et le rare spectacle de la vie animale locale.

Le montant de la croisière s’élève à près de 22 000 dollars par personne. Le paquebot disposant de 535 cabines de première classe, d’un casino, cinéma, de nombreux restaurants, piscines ou encore une bibliothèque… Le grand luxe.

Cependant pour le WWF (World Wide Fund), ce voyage n’est pas sans effets désastreux sur la faune locale :

La faune unique subit déjà un climat qui se réchauffe et la perte de glace marine, et l’arrivée de bateaux de croisière gigantesques dans cette partie du monde pourrait la pousser un peu plus dans ses retranchements.

S’est inquiétée l’organisation de protection de l’environnement sur son site internet.

Cette année, nous avons assisté à une fonte record de la glace marine au mois de juin. La perte de glace marine est une mauvaise nouvelle pour les espèces de l’Arctique comme les ours polaires, le morse et le narval.

A expliqué l’ONG. L’ensemble des acteurs de défense de l’environnement met en avant la difficulté d’intervenir, dans cette région peu cartographiée et parsemée de bloc de glaces, en cas d’incident.

Il n’existe pas de technologie efficace pour nettoyer les fuites de carburants dans la glace, et peu d’infrastructures prêtes pour faire face à un accident majeur.

S’est notamment alarmé le WWF.

Déjà en 2015, une étude relayée par le Washington Post avait révélé que malgré la fonte des glaces, le passage du Nord-Ouest resterait difficilement praticable du fait du manque de visibilité en raison de l’omniprésence de la glace.

Prévoir un voyage à travers les eaux de l’Arctique canadien reste à la fois difficile et dangereux. Les vents et les courants déplacent la glace constamment, bloquant des détroits qui étaient libres la semaine, voire le jour d’avant.

Avait mis en garde l’Institut canadien de défense et des affaires étrangères.

L’ensemble de ces réserves n’a visiblement pas inquiété le millier de passagers qui est monté à bord le 15 août. Le succès a été tel qu’une nouvelle excursion pourrait rapidement être reprogrammée.

Publié le mardi 23 août 2016 à 9:26, modifications mardi 23 août 2016 à 9:43

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