Société

La population carcérale atteint des sommets

69 430 personnes incarcérées

Avec 69 430 personnes incarcérées, la population carcérale française a atteint un nouveau record au 1er mars. Alors que la campagne présidentielle bat son plein, la question pénitentiaire est un dossier peu abordé par les 11 candidats.

Avec 69 430 personnes incarcérées, la population carcérale française a atteint au 1er mars un nouveau record. Le précédent record avait été établi au 1er juillet 2016 avec 69 375 détenus comptabilisés.

Ainsi, ce nouveau chiffre, annoncé sur le site du ministère de la Justice, traduit une augmentation de la surpopulation pénale.

Or ce rapport à préciser que la capacité des établissements pénitentiaires pour accueillir ces détenus n’était que de 58 664 places opérationnelles. Parmi ces détenus, 1 822 étaient installés directement sur des matelas au sol.

De plus, l’Observatoire international des prisons (OIP) a dénoncé, après l’annonce de ce record, la «frénésie» sécuritaire depuis les attentats jihadistes de 2015, en France.

Il a mis en exergue que ce nouveau record de surpopulation carcérale avait pour conséquence une constante augmentation des violences.

En pleine campagne présidentielle les principaux candidats ont pris position sur la question carcérale.

Ainsi, François Fillon (Les Républicains) ou Marine Le Pen (Front national) défendent le principe de la construction de nouvelles prisons.

De plus, le candidat socialiste Benoît Hamon appelle lui à sortir « de la culture de la détention ».

Quant au leader d’En Marche !, Emmanuel Macron, il tente une synthèse en prônant de nouvelles places de prison, des alternatives à la détention mais aussi, une « réelle exécution des peines ».

« La cocotte minute va exploser »

Dans l’immédiat, le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a dévoilé le 28 février la liste des villes dans lesquelles allaient être implantées les 21 nouveaux établissements pénitentiaires.

Ce projet entrant dans le cadre de la lutte contre la surpopulation pénale, promise par l’ancien Premier ministre, Manuel Valls.

En effet, le programme comprend 32 maisons d’arrêt, un centre de détention et 28 quartiers de préparation à la sortie.

Cependant, il faut en moyenne dix ans pour construire une nouvelle prison.

Dans ce contexte, l’Observatoire international des prisons a dénoncé

Le consensus qui, de l’extrême droite au centre, fait de la construction de nouvelles places de prison la colonne vertébrale de discours toujours plus répressifs.

De plus, il a regretté « la pauvreté des débats » en matière de justice pénale.

Or, pour la contrôleuse générale des prisons, Adeline Hazan, la construction de nouveaux établissements pénitentiaires « ne sera jamais une réponse suffisante ».

Tenter d’enfermer le plus longtemps possible tous les individus considérés comme déviants. En occultant qu’il sortira un jour, relève d’une société apeurée.

On arrive quasiment à 200%, on a explosé tous les records.

A dénoncé auprès de l’AFP Philippe Kuhn, le délégué régional du syndicat SPS, surveillants non-gradés.

Je crains qu’à force d’entasser des détenus dans des cellules, il se passe un événement tragique, qu’un détenu se fasse zigouiller dans la nuit, une prise d’otage… c’est hallucinant.

Enfin il a évoqué des détenus qui dorment par terre « comme des chiens », qui se « marchent sur la tête ».

Les personnels sont à bout. La cocotte-minute va exploser.

Publié le jeudi 30 mars 2017 à 10:50, modifications jeudi 30 mars 2017 à 10:50

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !