Société

Planter des graines, les devoirs de demain !

Mis en place par un professeur en gestion forestière, “les devoirs à planter” permettent aux jeunes élèves de s’exercer à planter leurs devoirs un peu partout dans l’espace public.

Les “Devoirs à planter” c’est la nouvelle idée d’un professeur d’Annecy pour rapprocher les élèves d’exercices plus concrets.

Des devoirs d’un nouveau genre

Sylvestre Vernier, professeur en gestion forestière, s’est aperçu du manque de sens des devoirs classiques et propose aujourd’hui les devoirs à planter. Il s’agit de sortir des devoirs-réflexes donnés plutôt par tradition que par réellement fondement.
Son idée ? Fournir à chaque élève des graines à planter au sein de l’école et dans l’espace public. Ils disposent de pots, d’un mode d’emploi et d’une citation. Grâce à cela, ils peuvent prendre place dans leur environnement et apprendre de manière ludique et concrète.

Source Sylvestre Vernier

Une remise en question du système actuel

Ce n’est pas seulement une volonté d’améliorer le rapport des élèves à l’école, mais c’est également de manière implicite une remise en question de ce que les programmes scolaires exigent. L’éducation nationale est une machine bien rodée qui, même si ouverte aux suggestions, ne laisse pas une grande marche de manœuvre aux enseignants qui pourtant sont ceux confrontés à leurs élèves. Sylvestre comme d’autres professeurs partout dans le monde tentent continuellement de proposer les meilleures méthodes d’éducation.

Il ne faut pas oublier que chaque élève est différent et apprend d’une manière qui lui est propre. De même, tous les enfants ne peuvent pas être intéressés par les mêmes choses. Les devoirs à planter sont un moyen d’insérer une forme de liberté dans l’enseignement, pour les professeurs, et les élèves. En effet, ils peuvent s’exercer à planter leurs devoirs un peu partout dans l’espace public.

On remarque aujourd’hui que très peu de jeunes savent réellement d’où viennent leurs fruits et légumes, à quoi ressemble un thym lorsqu’il est planté, un romarin, un plant de courge… Il y a une déconnexion de la nature. Si chaque espace d’apprentissage bénéficiait d’un jardin avec des espaces libres de plantation, ce serait un espace de partage et d’exploration de la nature.

Appréhender de nouveaux concepts par l’expérience

Réaliser un jardin, botanique ou non, ou simplement prendre part à la culture du vivant, permet à l’enfant d’établir un rapport intime au vivant. Pour son développement, on comprend qu’il est alors capable d’élaborer son lexique au contact de différentes espèces. Plus encore, ses 5 sens sont en éveil permanent par les diverses textures des graines, tiges, fleurs, feuilles. Les notions de temps et d’espace prennent forme dans autre consistance grâce à l’observation de la croissance de ce qui est planté.

Ce type d’exercice est également l’occasion de s’essayer à la réalisation de compte-rendus, analyser ce que l’on observe afin de le comprendre et s’interroger sur ce que l’on voit. Il s’agit d’une confrontation au vivant et permettre une intégration dans le vivant. Finalement, les concepts de vivants et non-vivants peuvent être appréhendés par cette pratique et ils peuvent ainsi s’insérer plus encore dans le monde qui les entoure.

Publié le vendredi 16 mars 2018 à 13:05, modifications vendredi 16 mars 2018 à 10:59

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