Société

Payer des femmes enceintes pour qu’elles arrêtent de fumer ?

L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris et l’Inca expérimentent un dispositif d’incitation financière pour accompagner les femmes enceintes dans leur sevrage au tabac.

Selon les chiffres de l’Institut national du cancer (Inca), une femme sur cinq continue à fumer pendant sa grossesse, une habitude qui peut se révéler très grave sur la santé et le développement du bébé.

Ainsi, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et l’Inca se sont interrogés sur les alternatives possibles aux substituts nicotiniques au moment de la grossesse.

Il semble que la contrepartie financière soit une solution efficace pour inciter les femmes enceintes à arrêter de fumer.

Depuis le mois d’avril, seize maternités françaises ont mis en place des récompenses financières sous forme de bons d’achat pour les futures mamans qui parviennent à arrêter leur addiction à la nicotine (vérification faite après contrôle des urines).

Selon le site Pourquoi Docteur il s’agit de chèques d’un montant total de 300 euros (20 euros à chaque visite prénatale mensuelle et 20 euros supplémentaires pour chaque mois d’abstinence) qui sont alloués aux femmes enceintes.

Afin de participer à ce programme, les patientes doivent être âgées de 18 ans ou plus, être enceinte depuis 4 mois et demi et fumer plus de cinq cigarettes par jour. Cette expérience vise les dépendantes à la nicotine. Ainsi, les utilisatrices de cigarettes électroniques, de pipes, de cigares ou de tabac à mâcher en sont exclues.

Ensuite, afin de mesurer l’importance de la récompense dans le sevrage tabagique, les participantes (toutes volontaires) ont été scindées en deux groupes distincts.

Le premier dit de « contrôle » recevra les bons d’achat en cas de réussite.

Le second dit de « traitement » n’obtiendra rien, quelque soit l’objectif atteint.

Pour l’un des membres de l’expérimentation du CHU de Nantes :

La consommation de tabac par la femme enceinte augmente les risques pour la santé pendant la grossesse, à la naissance et peut être à l’origine de troubles l’enfant après la naissance. Autrement dit, il n’y a aucune perdante.

Une étude similaire a déjà été mené en Ecosse et avait conclu que les compensations financières avaient effectivement un impact positif.

A l’issue des trois ans de recherches annoncés, les équipes médicales auront une meilleure visibilité sur l’efficacité des récompenses sous forme de bons d’achat sur le sevrage tabagique des femmes enceintes. Si ce programme est un succès, les médecins s’attaqueront aux dégâts de l’alcool puisqu’une étude récente montre que 25% des femmes enceintes n’arrêtent pas de consommer de l’alcool pendant leur grossesse.

Publié le jeudi 5 mai 2016 à 16:11, modifications jeudi 5 mai 2016 à 16:11

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