Société

#Pasdevague : Quand les élèves prennent le dessus sur leurs professeurs

De plus en plus d’enseignants se plaignent des pratiques de leurs élèves sur les réseaux sociaux. En effet, on compte même des violences à l’égard de ces éducateurs. Pour seule réaction face à cette situation, Jean-Michel Blanquer prône l’interdiction du téléphone portable dans les lycées.

Depuis quelques jours, les professeurs se réunissent sur les réseaux sociaux pour partager leur calvaire. En effet, sous le hashtage #Pasdevague, ils témoignent de l’agressivité et du manque de respect que leurs élèves leur témoignent au quotidien. Et ce, depuis qu’un élève de 15 ans à Créteil a pointé une arme factice en direction de sa professeure.

Le conseil de discipline de certains établissements ferme les yeux

Malgré les apparences, le métier d’enseignant n’est pas de tout repos. Le dysfonctionnement actuel des établissements scolaires et le défaut de réaction du gouvernement ne font qu’empirer les choses. En effet, sur Twitter par exemple, une professeure de lettres raconte comment une élève l’a frappée dans un couloir. Pourtant, « le conseil de discipline ne l’a même pas exclue ». De même, une autre enseignante témoigne qu’un élève ayant agressé sexuellement l’une de ses camarades a réintégré la classe de sa victime. Et ceci, même après la prononciation du renvoi définitif par le conseil de discipline.

Un gouvernement impuissant

Quant à la position du gouvernement sur ce sujet, Jean-Michel Blanquer n’a qu’une seule phrase d’encouragement à la bouche. Interdire l’utilisation du téléphone portable dans les lycées.

Le ministre déclare effectivement :

 Notre loi ouvre la possibilité aux lycées d’interdire le portable. Cela n’était pas possible avant. J’encourage ainsi vivement les lycées confrontés à des faits anormaux à user de ce nouveau droit. A Créteil, on peut se demander si les faits n’ont pas été accomplis pour être filmés et diffusés .

Pour la fédération de parents d’élèves FCPE, cette réaction du ministre n’est rien d’autre qu’un aveu d’impuissance. Les parents regrettent également « qu’aucune question ne soit posée sur la responsabilité de l’institution scolaire ».

Certains établissements veulent sauver leur réputation

Toutefois, Gabriel Attal, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale apporte une explication à ce défaut de responsabilité. Il déclare entre autres que « dans de nombreux cas, les sanctions disciplinaires ne sont pas prononcées. Le nombre de sanctions dit des choses sur la situation d’un établissement. Or, les chefs d’établissement ont pu avoir tendance à faire en sorte qu’il y en ait moins».

Des solutions seront envisagées pour régler ce problème de comportements des élèves

Malgré tout, ce secrétaire d’état reconnaît qu’il règne actuellement « un sentiment d’omerta chez beaucoup de professeurs ». Il a ainsi promis que le comité stratégique prendra de fortes mesures. Notamment, une plus forte intervention des associations et une plus grande implication sur « les territoires où les situations de violence sont les plus fréquentes ».

Publié le mercredi 24 octobre 2018 à 10:08, modifications mercredi 24 octobre 2018 à 8:44

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