Société

Nouveaux témoignages d’agressions sexuelles au sein de l’Unef

A travers les témoignages recueillis par le journal Libération, se dresse le portrait du syndicat étudiant Unef de 2007 à 2015. Un “terrain de chasse sexuelle” où le consentement est souvent oublié.

Elles sont 16 femmes. Victimes déclarées de harcèlement, agressions sexuelles et viols de la part de part de dirigeants du syndicat étudiant UNEF entre 2007 et 2015. Entre sexisme et laisser-faire, le tableau est sombre pour l’organisation.

“Lever l’omerta”

C’est un dossier épais que dévoilent nos confrères de Libération. Epais mais nécessaire selon la présidente actuelle de l’Unef, Lilâ Le Bas, qui estime “important que l’omerta se lève”. Cela fait désormais plusieurs mois que la pression monte. En novembre dernier, pas moins de 83 anciennes membres de l’organisation avaient signé une tribune qui dénonçait les violences sexistes et sexuelles.

Mais, ces témoignages assemblés méthodiquement, donnent aussi des dates, des lieux, des dépôts de plainte qui permettent de donner une toute nouvelle dimension au phénomène. Surtout, on comprend mieux, à quel point l’UNEF s’est transformé notamment sous la présidence de Jean-Baptiste Prévost (2007 -2011). L’expression est sans appel. On parle alors de “terrain de chasse sexuelle”.

L’âge d’or du syndicat pour le militantisme

Paradoxalement, ces faits se déroulent alors que le syndicat connaît son apogée. Victorieux face au CPE de Dominique de Villepin en 2006, l’UNEF se nourrit de l’opposition à Nicolas Sarkozy, élu en 2007. Le syndicat étudiant réunit alors 30.000 adhérents, pour un corps étudiant estimé à 2,4 millions d’habitants.

Le président parcourt alors les plateaux de télévision tout en additionnant les rencontres sexuelles plus ou moins consenties.

Les week-ends régionaux de formation, c’était le supermarché

détaille Elodie Le Moigne, ex-présidente de l’Unef à l’université Paris-XIII. Les présidents de section locale repèrent alors des cibles pour Prévost, des “petites meufs” selon le jargon du moment à l’UNEF.

Quand les premières accusations émergent, elles sont vite écartées. Soit, faute de preuves ou au nom d’une “machination politique”. Ils jouaient sur la solidarité, la compassion et leur statut de dirigeant national  : “on était en plein abus de pouvoir ou de faiblesse” détaille Maria C., membre de la direction de l’organisation de 2006 à 2009, interrogée par le quotidien.

Une amélioration récente de la situation

L’espoir semble toutefois être de mise du côté de l’UNEF, grâce à quelques personnes qui ont réussi à changer la situation. Surtout, comme le montre l’article de Libération, certaines des personnes mises en cause reconnaissent leurs torts. L’un d’entre eux, identifié comme “A”, passe même aux aveux.

Je viens de me reconnaître comme auteur d’agressions sexuelles. Et encore, vous ne vous appuyez que sur les témoignages que vous avez collectés.

Mais, des faits plus récents remontent aussi. Ainsi une jeune femme violée à l’été 2015. Elle a finalement pu déposer une main courante en mars 2016 à Paris. Une autre, violée en 2014 qui annonce “s’apprêter à déposer plainte”. Il faudra sans doute encore du temps pour soigner tous les maux du passé.

Publié le mardi 20 février 2018 à 9:51, modifications mardi 20 février 2018 à 9:19

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !