Société

Le mouvement #Metoo se propage aux soldats américain

#Metoo aux portes du Pentagone

Des vétérans de l’armée américaine ont, ce 8 janvier, porté le mouvement #Metoo aux portes du Pentagone. Une demande de reconnaissance des crimes mais également d’un système nouveau au sein de l’armée.

Le mouvement #Metoo, réponse américaine au hashtag #balancetonporc, prends une nouvelle envergure et s’étend aux soldats de l’US Army.

Avant #Metoo, le silence

La parole ne cesse de se libérer à travers le monde, et toutes les sphères sont concernées. Après diverses révélations, c’est au tour de femmes vétéranes de l’US Army de s’exprimer.

Alors qu’elle venait d’entrer dans la vingtaine, Nichole Bowen-Crawford faisait partie de l’une des premières unités à traverser l’Iraq en 2003, lors de l’opération Iraqi Freedom qui débuta la Guerre d’Irak. Une nuit, le traumatisme de l’agression sexuelle s’ajoute à celui du combat : durant son poste de nuit, Nichole se fait agresser par un de ses supérieurs. Une expérience traumatisante dont elle n’a jamais eu la reconnaissance.

En effet, quand Nichole décide de faire entendre ce qu’il s’était passé, la réponse est limpide : les soldats masculins supérieurs lui disent de garder le silence, stipulant que “sa carrière était plus importante que cela”. La jeune femme a été retirée de l’équipe de nuit, mais forcée de continuer son travail aux côtés de son agresseur. Ce dernier n’a, lui, eu aucune sanction.

Les agressions et harcèlements sexuels tourmentent l’armée depuis des années. De plus, les victimes, maintenues par la peur de répressions et sanctions, se murent dans le silence:

Les militaires ne peuvent signaler une agression sexuelle ou un harcèlement sans représailles parce qu’ils doivent utiliser leur chaîne de commandement. Et souvent, la chaîne de commandement en est l’auteur [de cette agression].

En effet, difficile de demander justice à l’agresseur. Le système de justice militaire entre dans une nouvelle spirale de critiques, notamment pour son processus interne de jugement de ces affaires. Une des revendications de la manifestation du mois de janvier, portant le mouvement #Metoo aux portes du Pentagone.

Une prise de conscience mondiale

Désormais, c’est un nombre sans cesse plus grand de vétérans qui élèvent leurs voix. Le 8 janvier 2018, devant le Pentagone, quartier de la défense et des forces militaires, ces voix ont brisé le silence. Lors de cette manifestation, des demandes de transparence, de reconnaissance des victimes mais également des coupables.

Manifestation du 8 janvier 2018.

Sur les pancartes, il est possible de lire “Je suis ici pour les 14900 membres sexuellement agressés en 2016“, “Le déni n’est pas une politique” ou encore “#METOOMILITARY” qui s’ajoute aux hashtags #notinmymarinecorps et #timesup. Lydia Watts, à la tête du Service Women’s Action Network ayant aidé à l’organisation de la manifestation évoque la reconnaissance du mouvement #Metoo. Elle note également l’opportunité pour les femmes militaires de se positionner dans le mouvement, et de demander leurs propres reconnaissances.

Quand est le moment où ces agresseurs seront tenus responsables ? Cela va t-il être pris aussi sérieusement que dans le monde civil?

Lors d’un de ses rapports, le Pentagone évoque ces agressions, notant les 15000 personnes sexuellement agressées au cours de l’année 2016 -un quart de moins qu’en 2014- mais également le fait que désormais, c’est une personne sur 3 qui ose s’exprimer, contre 1 sur 14 il y a 10 ans.

Les manifestants espèrent que cette initiative permettra à d’autres victimes militaires de s’exprimer. “Ce n’est que le début” confie Nichole Bowen-Crawford, pleine d’espoir. Le mouvement #Metoo gagne du terrain !

Publié le mardi 13 février 2018 à 8:49, modifications mardi 13 février 2018 à 8:49

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