Société

Avec la « PMA pour toutes », Marlène Schiappa relance le débat

Dans le cadre de la révision de la Loi de bioéthique en 2018, l’ouverture de la PMA à toutes les femmes devrait être proposée par le gouvernement.

Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat à l’Egalité, a annoncé mardi 12 septembre que les femmes célibataires et les lesbiennes auront droit à accéder à la procréation médicalement assistée, PMA.

Une mesure de justice sociale permettant de mettre fin à une forme de discrimination à l’égard des femmes lesbiennes et célibataires.

C’est en ces termes que la secrétaire d’Etat a annoncé la proposition d’ouvrir la PMA à l’occasion des révisions de la Loi de bioéthique en 2018.

« La France est prête »

En juin, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) avait rendu un avis favorable, lui aussi dans un souci d’égalité.

Ensuite, en juillet, la ministre de la santé Agnès Buzyn s’était appuyée sur cet avis pour estimer, que « la France est prête ».

Le conseil consultatif national d’éthique contient en son sein toutes les sensibilités. Donc s’il a rendu un avis favorable, je pense que la société est prête.

Avait-elle plaidé.

Interrogée sur RMC/BFMTV, Marlène Schiappa a réaffirmé que

Cet engagement de campagne serait tenu. En termes de calendrier, nous serons sur l’année qui arrive, 2018, probablement. Avec les révisions de la loi de bioéthique.

Actuellement, la PMA ne s’adresse qu’aux couples qui ont des difficultés à avoir des enfants.

En effet, deux raisons peuvent justifier une PMA. Soit une infertilité, soit une maladie grave. Celle-ci étant susceptible d’être transmise par l’un des membres porteur du couple.

Or, pour y recourir, l’homme et la femme doivent être ensemble depuis au moins deux ans. Et à la condition toutefois que la future mère soit âgée de moins de 43 ans.

En outre, même si un tourisme procréatif est difficile à estimer, les experts le jugent croissant.

Effectivement, en France, les conditions d’accès actuelles à la PMA expliquent que de plus en plus de femmes partent dans des pays qui l’autorisent pour les couples lesbiens ou célibataires, tels que la Belgique ou l’Espagne.

Ainsi, avec la PMA pour toutes, l’insémination artificielle avec donneur de sperme s’étendra aux couples de femmes et aux femmes seules qui ont un désir d’enfant.

Dans ce cas, il ne s’agirait donc plus uniquement d’un procédé médical destiné à pallier une déficience pathologique. Mais aussi une technique répondant à une demande sociétale.

De nouvelles tensions sociales en perspectives ?

Cependant, la PMA pour toutes ne règle pas plusieurs problèmes.

D’abord, la pénurie de dons de gamètes (gratuits et anonymes en France). En effet, 3 000 couples sont actuellement en attente.

Ces femmes, venant grossir les rangs des prétendantes, risquent donc de patienter fort longtemps. Ensuite, il s’agit d’une technique coûteuse.

Or, elle « ne saurait porter sur les moyens financiers de l’Assurance maladie », a prévenu le CCNE dans son rapport.

Ainsi, les femmes seules ou homosexuelles vont-elle devoir financer leur démarche ?

Enfin, à ces obstacles s’ajoute, pour le gouvernement, la menace d’une mobilisation contre une future loi.

La question est bien évidemment de savoir si on peut priver délibérément un enfant de père. Et détourner la médecine de sa finalité.

A d’ores et déjà avancé la présidente de la Manif pour tous, Ludovine de La Rochère.

Le mouvement qui a déjà fait reculer François Hollande sur le sujet de la PMA estime lui que le sujet « divise toujours les Français aujourd’hui ».

Nous sommes prêts à mobiliser. A battre de nouveau le pavé.

A averti Ludovine de La Rochère qui voit également dans la déclaration de Marlène Schiappa, « une instrumentalisation politique pour détourner l’attention du front social ».

 

Publié le mercredi 13 septembre 2017 à 15:22, modifications mercredi 13 septembre 2017 à 15:31

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