Société

L’organisation ETA a livré une liste de caches d’armes à la police française

L’organisation séparatiste basque ETA a entrepris son « désarmement total ». Elle a fait remettre à la France une liste de huit caches d’armes situées dans le Sud-Ouest.

Une page d’histoire franco-espagnole est-elle en passe d’être enfin tournée ? En effet, l’organisation séparatiste basque espagnole ETA, qui avait annoncé son « désarmement total », a fait remettre, ce samedi 8 avril, aux autorités françaises une liste de caches d’armes et d’explosifs.

Ainsi, huit sites principalement dans le département des Pyrénées-Atlantiques ont été indiqués, via des « artisans de la paix » de la société civile française.

Ces cachettes constitueraient ce qu’il reste de l’arsenal d’ETA, selon des sources proches du dossier.

De plus, d’après des experts de la lutte antiterroriste, l’arsenal de l’organisation comprendrait environ 130 armes de poing. Ainsi que deux tonnes d’explosifs, pour l’essentiel volées en France.

L’ETA (Euskadi ta Askatasuna, qui signifie Pays basque et liberté) avait annoncé dans la nuit du jeudi 6 au vendredi 7 avril, dans un communiqué à la BBC, son « désarmement total » pour le samedi 8 avril.

L’organisation, née en 1959 dans la lutte contre le franquisme, avait renoncé en octobre 2011 à la lutte armée, après plus de 40 ans de violences au nom de l’indépendance du Pays Basque et de la Navarre. On estime à 829 le nombre de morts attribués à ce mouvement clandestin.

Historiquement, la France et plus particulièrement le Pays-Basque français ont été une véritable «base arrière» de l’organisation séparatiste basque.

Cependant, elle refusait son désarmement et sa dissolution comme l’exigeaient les gouvernements de Paris et Madrid.

En effet, l’ETA réclamait une négociation au sujet de ses quelques 360 membres détenus (dont 75 en France). Certains d’entre eux purgeant des peines de plus de dix ans de prison.

Un événement historique

La remise de cette de caches d’armes est « un jour incontestablement important », s’est réjouit le ministre de l’Intérieur Matthias Fekl.

Cette étape de neutralisation d’un arsenal d’armes et d’explosifs est un grand pas. J’ai bien sûr une pensée particulière pour toutes les victimes. Pour leurs familles, pour leurs proches. Et notamment pour les policiers et membres de la garde civile.

Ainsi, le ministre a déclaré que :

Deux escadrons de gendarmerie mobile et une compagnie de CRS. Soit 180 femmes et hommes, ainsi que les gendarmes du département. Une dizaine d’équipes de démineurs de la Sécurité civile. Et de nombreux effectifs de la police judiciaire et de la sécurité intérieure sont mobilisés pour l’opération de police.

A présent, la Commission internationale de vérification, qui oeuvre pour la fin du conflit au Pays Basque, est censée «authentifier le désarmement» de l’ETA.

Dans un communiqué commun, les gouvernements autonomes du Pays Basque espagnol (Euskadi) et de la Navarre, ainsi que la Communauté d’Agglomération Pays Basque français ont expressément soutenu vendredi la démarche de cette commission.

Dans cette perspective, les services de police, ainsi que des spécialistes du déminage, sous l’autorité du Parquet antiterroriste à Paris, sont mobilisés au Pays Basque français et «prêts à intervenir à tout moment».

Publié le dimanche 9 avril 2017 à 10:28, modifications mardi 11 avril 2017 à 11:03

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