Société

L’Assemblée Nationale interdit les portables à l’école dès la rentrée

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Les téléphones portables seront désormais interdits dans les établissements scolaires, selon la loi LREM votée hier par l’Assemblée Nationale, qui entrera en vigueur dès la rentrée prochaine.

C’est une mesure qui planait depuis longtemps sur les élèves, sans qu’elle fasse réellement l’objet d’un texte de loi applicable. Hier, l’Assemblée Nationale a voté en première lecture lors d’une séance publique, une loi conduisant à « l’interdiction effective » des téléphones portables dans les écoles et les collèges français. C’est donc à présent officiel, les élèves n’auront strictement plus le droit d’apporter leurs appareils de communication à l’école (portables, montres connectées, tablettes, etc.), des bancs de la maternelle à ceux du collège.

Le texte défendu par le gouvernement et voté à main levée par la majorité LREM et les élus du MoDem, est destiné à lutter contre « l’usage abusif des écrans » chez les plus jeunes, réduisant leur accès aux sites pornographiques et diminuant les risques de harcèlement en ligne. L’une des promesses de campagnes d’Emmanuel Macron.

Une mesure efficace ?

Cependant, il ne fait pas l’unanimité. De nombreuses critiques ont été émises sur cette interdiction par l’opposition, notamment sur le fait qu’elle soit inutile. Car le code de l’éducation comprend une loi similaire votée en juillet 2010 qui prévoit bien l’interdiction du portable « durant toute activité d’enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur ». Mais cette dernière n’implique aucune obligation de sanction précise.

Dans un entretien accordé au Parisien Justine Atlan, directrice de l’association E-enfance qui lutte contre le cyber-harcèlement se dit favorable à cette mesure.

[…] Les phénomènes de harcèlement entre élèves n’ont pas besoin d’Internet pour exister. Mais l’interdiction claire du portable est une manière pour l’institution scolaire de ne pas favoriser ces pratiques, d’en atténuer peut-être l’impact […]

Au contraire, Valérie Piau, avocate et spécialiste en droit de l’éducation a confié au quotidien être opposée au texte :

La confiscation des téléphones, répandue aujourd’hui dans les collèges, est illégale : elle ne fait pas partie des mesures prévues dans le code de l’Education. C’est même une atteinte au droit de propriété. […]  si l’interdiction est générale et absolue dans tout le collège, elle pourra être assimilée à une atteinte à la liberté des individus.

Selon cette dernière, la nouvelle loi ne pallierait pas le problème de la confiscation des appareils car elle ne préciserait pas de sanction particulière, laissant le choix aux établissements. Une ambiguïté déjà présente dans l’ancien texte, et qui selon Valérie Piau serait source de conflits entre les familles et les établissements scolaires.

Des exceptions à la règle

Par ailleurs, les professeurs, eux, pourront conserver leurs portables personnels. Le Ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer a jugé qu’il n’était « pas opportun » d’étendre la prohibition au corps enseignant, en raison des « effets pervers » pour la sécurité. Les outils de type tablette ou autres pourront être mis à disposition des élèves dans le cadre de l’enseignement.

Publié le vendredi 8 juin 2018 à 15:45, modifications vendredi 8 juin 2018 à 14:53

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