Société

L’ancien dompteur André-Joseph Bouglione renonce aux animaux et crée un cirque écologique

André-Joseph Bouglione ne dressera plus de fauves dans le légendaire Cirque d’hiver de Bouglione.

André-Joseph Bouglione, le descendant de l’illustre famille Bouglione et ancien dompteur de fauves, a décidé de créer un cirque écologique et sans animaux. Il a expliqué sa démarche dans les colonnes du journal La Provence jeudi 14 juin.

Une profonde remise en question

Fini les chevaux, les éléphants ou les fauves dans le nouveau cirque d’André-Joseph Bouglione. Le représentant de la sixième génération de spécialistes de dressage d’animaux, avec sa femme, elle aussi issue d’une famille de circassiens, a décidé de renoncer aux animaux. En outre, il ambitionne de se lancer dans un nouveau concept de cirque plus respectueux de l’environnement. Car, en se lançant dans ce nouveau projet, André-Joseph Bouglione a voulu répondre aux attentes du public.

La façon dont je travaillais ne me plaisait plus. Je me suis remis en question. Je sais pertinemment qu’aujourd’hui les animaux ont d’autres besoins que ceux de nous servir.

Peut-on lire dans La Provence.

Par ailleurs, son écocirque devrait renouveler le genre, en misant sur d’autres éléments.

L’écocirque Joseph Bouglione sera comme un grand marché de Noël, sur une thématique écologique. On y trouvera des boutiques spécialisées, des espaces d’échanges, de la restauration végétarienne et vegan…

A détaillé André-Joseph Bouglione.

Pour aller encore plus loin dans sa démarche, le gérant du cirque a décidé de n’utiliser ni cuir, ni plumes, ni soie pour ses costumes. Pour diminuer la pollution, ce cirque d’un genre nouveau ne se déplacera plus sur les routes mais utilisera les voies fluviales. Enfin, les lumières et projecteurs seront alimentées par des panneaux solaires, pour « réduire au maximum notre impact environnemental ». André-Joseph Bouglione s’était déjà détaché de la tradition de domptage en publiant un livre intitulé Contre l’exploitation animale, paru en avril dernier.

Un choix décrié dans le monde du cirque

Toutefois, cette décision n’a pas été simple à prendre pour cet ancien dompteur de fauves.

Je suis la sixième génération de dompteur de ma famille. Je leur dois tout. Cependant, je sais pertinemment qu’aujourd’hui les animaux ont d’autres besoins que ceux de nous servir.

En outre, ce choix n’a pas été accepté de tous dans le milieu du cirque. En effet, il a expliqué avoir reçu « des cercueils, des poupées vaudous » de la part de « gens du métier ». Une opposition qui n’a pourtant fait que renforcer sa motivation.

Je remercie les gens de ma famille car, en s’opposant à mon cirque, ils m’ont motivé encore plus.

Ainsi, l’ancien dompteur a estimé qu’il n’a pas rompu avec la tradition circassienne. En effet, depuis les années 70, rien n’a évolué dans le spectacle en lui-même.

C’est pour ça aussi qu’il y a un déclin du public.

A-t-il constaté, précisant malgré tout que le cirque a toujours su s’adapter à son époque.

Ainsi, s’il ne renie ni son passé, ni son héritage familial, il raconte avoir pris conscience que la société avait évolué. Et comme une évidence, il a réalisé que les animaux dans les cirques n’étaient plus les bienvenus.

Publié le vendredi 15 juin 2018 à 16:56, modifications vendredi 15 juin 2018 à 17:02

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