Société

Lactalis : Après Leclerc, presque toutes les enseignes éclaboussées par l’affaire du lait infantile contaminé

Plusieurs enseignes de la grande distribution ont continué à vendre des lots de lait infantile contaminé de Lactalis par centaines malgré l’obligation de les retirer des rayons.

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Malgré le rappel de millions de boîtes de lait infantile en provenance des usines Lactalis et potentiellement contaminé aux salmonelles, des parents ont pu en acheter dans les magasins. Après les aveux de Leclerc, presque toutes les grandes enseignes reconnaissent leur manquement ce jeudi 11 janvier.

L’essentiel du scandale

Fin novembre, les services sanitaires ont émis une alerte après qu’une trentaine de nourrissons ont été contaminés aux salmonelles. Presque tous ont ingéré du lait infantile en poudre produit par Lactalis à Craon (en Mayenne). Après un premier rappel début décembre, toute la production de lait infantile de l’usine depuis février 2017 est retirée du marché. Soit 1.350 lots, représentants 7.000 tonnes, distribuées en France mais aussi dans 65 pays. L’usine est à l’arrêt.

Dès lors, des centaines de références de ce lait infantile Lactalis auraient dû être retirées des rayons des magasins. En effet, lorsqu’une anomalie est détectée dans un produit, et que celle-ci est signalée, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF, rattachée au ministère de l’Economie) peut lancer une procédure de retrait. C’est ce qui s’est passé pour Lactalis en décembre 2017, après la découverte de lait infantile contaminé à la salmonelle. Une fois la procédure de retrait enclenchée, c’est aux distributeurs de s’organiser à leur convenance.

Il n’y a pas d’obligation de moyens, c’est une obligation de résultat.

A expliqué Loïc Tanguy, directeur de cabinet de la DGCCRF au micro de l’AFP.

Pourtant, des lots incriminés semblent toujours en vente. En effet, des lots faisant l’objet d’un rappel en décembre 2017 ont été retrouvés ces derniers jours dans de nombreux supermarchés.

Mercredi 10 janvier, plusieurs enseignes de supermarchés françaises ont annoncé avoir vendu des lots de laits potentiellement contaminés. Et ce, après la date de demande de retrait.

Quelles sont les enseignes concernées ?

  • Carrefour : Le groupe de distribution reconnaît avoir vendu des produits infantiles Lactalis qui auraient dû être retirés de ses rayons en raison d’une contamination à la salmonelle. Il avance le chiffre de 434.

Un plan de contrôle a été mis en place dans l’ensemble des magasins pour s’assurer du retrait et de la destruction des produits concernés.

  • Leclerc : Après le rappel dans plusieurs magasins, 984 produits Lactalis ont tout de même été vendus. Selon Michel-Edouard Leclerc :

782 clients étaient potentiellement concernés. Tous les clients ont été identifiés, plus de la moitié ont déjà été contactés.

  • Auchan : Le groupe a annoncé avoir vendu 52 boîtes de lait infantile Lactalis qui auraient dû être retirées de ses rayons. Ces lots ont été vendus dans 28 magasins (hypermarchés et supermarchés).

Des clients ont d’ores et déjà été informés permettant le rappel des produits incriminés. Les derniers clients sont en train d’être identifiés et contactés.

  • Intermarché : franceinfo a révélé la déclaration d’une cliente qui a avoir acheté, le 3 janvier, une boîte de lait faisant partie des lots rappelés pour une possible contamination à la salmonelle. L’enseigne a depuis ouvert une enquête interne « pour s’assurer qu’aucun produit n’a été vendu après la date de demande de retrait/rappel par Lactalis ». En outre, en fin d’après-midi, Intermarché a indiqué arrêter « définitivement » de commercialiser des laits infantiles Lactalis de la marque Milumel. L’enseigne à dénoncé une « gestion chaotique de sa crise » par l’industriel.
  • Cora : selon LCI, des produits Lactalis incriminés étaient encore en rayon, mercredi 10 janvier, dans un Cora situé en Ile-de-France. C’est ce qu’a pu constater une équipe de TF1 qui s’est rendue sur place. Au total, le groupe a reconnu la vente de 72 boîtes depuis le 22 décembre malgré les rappels. Des inspections sont toujours menées pour vérifier si d’autres sont toujours en place dans les rayons.
  • Super U, Hyper U :  Le groupe Système U a indiqué dans un communiqué mercredi soir que 384 boîtes de lait infantile ont été vendues après la procédure de rappel. Le porte-parole de Système U, Thierry Desouches, avait plus tôt expliqué à l’AFP que des vérifications étaient en cours après que « l’incident chez Leclerc a attiré notre attention ».

Que risquent les enseignes ?

Ainsi, si les explications diffèrent d’un établissement à un autre, pour Nicolas Godfroy, le directeur juridique à l’UFC Que Choisir :

Il y a une forme d’impréparation généralisée complètement inacceptable chez les distributeurs. Les distributeurs n’ont pas mis en place des procédures de suivi et de retrait fiables.

Dès la signature de l’arrêté par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire le 10 décembre, les agents de la DGCCRF ont multiplié les contrôles sur le terrain. Ils ont vérifié que les produits Lactalis incriminés étaient bien retirés de la vente. L’administration affirme avoir mené plus de 2.000 contrôles ainsi qu’une « enquête nationale » pour vérifier que la procédure a bien été respectée par tous les distributeurs, grandes surfaces et pharmacies. Les résultats seront connus vendredi 12 janvier.

Des vérifications qui n’ont visiblement pas été dissuasives. Or, s’il est prouvé que des distributeurs ont volontairement laissé des produits en rayons pour écouler leur stock, la sanction pourrait être lourde. Il s’agit en effet d’un délit pénal pouvant aller jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 750.000 euros d’amende.

Par ailleurs, plusieurs consommateurs ou associations ont d’ores et déjà déclaré qu’elles allaient porter plainte à l’encontre des enseignes concernées.

Publié le jeudi 11 janvier 2018 à 10:57, modifications mercredi 24 janvier 2018 à 11:09

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