#Jesuiscute : Le hashtag féministe pour inviter les femmes à se réapproprier leur corps fait débat

Avec le hashtag "Jesuiscute", des centaines de femmes ont revendiqué le fait d'assumer leur corps et de pouvoir en disposer comme bon leur semble. Un mouvement qui se dit féministe et relance le débat sur la sexualisation du corps féminin. La communauté se heurte aux plus vives attaques de la twittosphère. Explications.

Ces derniers jours, un nouveau hashtag a fait son apparition sur Twitter. Sous la mention #Jesuiscute (je suis mignonne), les internautes ont pu voir fourmiller des dizaines de partages de photos de femmes, exposant leur corps, leur visage, ou un détail de leur anatomie qu’elles souhaitent mettre en avant. Le but premier étant de revendiquer leur féminité, mais également de prôner la liberté pour chaque femme de pouvoir disposer de son corps comme elle l’entend.

Ce mouvement qui suscite le débat, entend s’inscrire dans la continuité des hashtags féministes (Me Too, Balance ton porc) en offrant un espace d’expression libre de contraintes pour les femmes, les invitant à se montrer, à s’assumer en maîtrisant leur image.

Le harcèlement d’une jeune fille à l’origine du hashtag

Le phénomène a été lancé le 28 juillet dernier par Marina (@MannyKoshka), une Lilloise de 29 ans, modèle photo habituée à poser nue, dans des mises en scène dont la portée érotique déplaît à ses détracteurs. Interrogée par le Huffington Post, la jeune femme définit le #Jesuiscute comme un « mouvement féministe » qui prône « la liberté de disposer de son corps ». Elle dit avoir eu l’idée de diffuser ce hashtag en voyant une jeune fille se faire harceler par des internautes pour avoir posté des photos d’elle dénudée devant sa glace avec le hashtag « jesuiscute ».

Différentes femmes, différentes féminités et différentes visions

Quand certaines y voient une manière de renouer avec leur féminité, ou d’encourager les femmes à assumer leur apparence, d’autres pensent que ce passage en force contre leurs détracteurs contribue à lutter activement contre le harcèlement en ligne.


Moralité, harcèlement et Slut-shaming

Certaines jeunes femmes ont reçu des menaces, dont des appels au viol et ont vu les photos qu’elles avaient partagées, envoyées à leurs parents. Dans cette atmosphère, difficile de faire la part des choses. Les critiques nuancées à l’encontre de l’érotisme de certaines photos et la gêne suscitée par celles-ci ne sont pas forcément anti-féministes. En revanche, de nombreuses remarques relèvent bien du Slut-shaming, qui consiste à humilier des femmes sous-couvert que leur comportement ou leur apparence puisse être jugée immorale.

Parmi les principaux arguments avancés pour s’opposer au mouvement, la réputation de ces femmes dans leur environnement professionnel et familial arrive en tête. Depuis plusieurs jours, les filles ayant posté leurs selfies se défendent.

Marina, à l’initiative du hashtag, s’est exprimée sur ces répercutions regrettables qui ont valu à certaines internautes d’être harcelées :

Ce qu’on vit ici pour de la lingerie, on le vit dehors pour une robe. Il serait peut-être temps d’en prendre note.

A t-elle indiqué dans un tweet.

Sur Twitter, le débat se poursuit…

Modifié : 1 août 2018 15 h 46 min

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