Société

Jean-Michel Blanquer veut « muscler» le baccalauréat

Jean-Michel Blanquer veut maintenir le baccalauréat, « un point de repère très important ». Néanmoins, il souhaite qu’il soit concentré sur quelques matières, pour le rendre « plus utile ».

A quelques semaines des premières épreuves du baccalauréat, les lycéens sont en train de réviser ce qu’Emmanuel Macron considère comme « un de nos derniers rites initiatiques ». Or, le nouveau Président et son ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, souhaitent le modifier en profondeur.

Ainsi, à l’occasion d’un entretien dans l’émission Rue des écoles, sur France Culture ce dimanche 4 juin, le ministre de l’Éducation nationale a affirmé qu’il souhaitait « remuscler » le baccalauréat afin de le rendre « plus utile ».

L’objectif étant d’offrir aux lycéens un « tremplin pour la suite » de leur parcours, plutôt qu’une « évaluation finale » à l’issue du lycée.

Des perspectives d’évolutions pour le baccalauréat

En effet, Emmanuel Macron avait indiqué pendant la campagne vouloir « moderniser » l’examen.

Par conséquent, les candidats ne passeraient plus que quatre matières principales, les autres étant évaluées sous forme de contrôle continu.

C’est un sujet serein qu’on doit ouvrir.

A confirmé Jean-Michel Blanquer dans l’émission de Louise Touret.

Si l’ancien recteur de l’académie de Guyane a reconnu que certaines critiques formulées contre le bac étaient « justes », il a néanmoins réaffirmé son attachement au baccalauréat qu’il veut « maintenir ».

J’ai toujours été un défenseur inconditionnel de l’existence du baccalauréat. C’est la dernière institution nationale depuis la suppression du service militaire, c’est un point de repère très important

Le ministre a souhaité être sur ce sujet, comme sur d’autres, « d’un grand pragmatisme ».

Le baccalauréat non seulement n’est pas menacé de disparition, mais il a au contraire des perspectives d’évolution pour lesquelles le débat est très largement ouvert.

A-t-il précisé en annonçant « des discussions et des concertations dans les temps qui viennent ».

Des taux de réussite records

Pour l’année 2016, le taux de réussite au baccalauréat a atteint le niveau exceptionnel de 88,5%. Cependant, pour certains observateurs, ce taux record est paradoxalement synonyme d’un effondrement du niveau des lycéens.

En effet, nombre d’entre eux estime que l’examen, bradé, n’a plus aucune valeur.

En outre, au delà de la forme nouvelle qu’Emmanuel Macron entend donner à l’épreuve reine de la scolarité française, le président de la République veut s’attaquer à sa lourdeur et à son coût très élevé.

Ainsi, il représente un coût de près de 100 millions d’euros selon un chiffre de 2010.

Le coût du baccalauréat représente environ 0,5 % du montant de la scolarité d’un lycéen sur trois ans.

Avait pointé du doigt le candidat lors de la campagne présidentielle.

Pourtant, le gouvernement n’est pas le premier à avoir de telles ambitions pour le diplôme de fin d’études du secondaire.

En 2005, François Fillon en avait proposé une refonte lorsqu’il était ministre de l’Education nationale. Face à la contestation et aux nombreuses manifestations le projet avait été abandonné.

Plus récemment, Najat Vallaud-Belkacem a également exprimé sa volonté de modifier l’épreuve. Or, elle n’est jamais parvenue à proposer de texte en ce sens.

Ainsi, Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer sont prévenus, toucher au baccalauréat s’avère être un exercice délicat.

En attendant, l’épreuve de philosophie ouvrira la semaine du baccalauréat le jeudi 15 juin. Date à laquelle sont attendus près de 720.000 lycéens.

Publié le lundi 5 juin 2017 à 13:05, modifications lundi 5 juin 2017 à 11:37

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !