Société

Interdiction de redoublement en 1ère année de médecine : L’expérimentation fait déjà débat

Le gouvernement a annoncé qu’il lançait une expérimentation dans quatre universités de médecine.

Selon le site du Quotidien du pharmacien ce jeudi 25 janvier, plusieurs universités franciliennes vont mettre en place à titre expérimental une première année commune aux études de santé (Paces). Or, celle-ci n’autorisera pas le redoublement. Cette expérimentation pourrait être mise en place dès la rentrée prochaine de septembre 2018.

Eviter de faire perdre du temps

Ainsi, dans chacune de ces quatre universités (Paris-Diderot, Paris-Descartes, Pierre-et-Marie-Curie et l’université Paris-Est de Créteil), il ne sera tout simplement plus possible pour les étudiants de redoubler la première année. L’objectif avancé est clair : éviter de faire perdre du temps aux étudiants. Le ministère de l’Enseignement supérieur estime en effet, qu’ils sont encore trop nombreux à redoubler leur première année. Aujourd’hui, un seul redoublement est possible.

Le principe général est de réorienter activement les étudiants en échec à l’issue de la première année.

A expliqué à Franceinfo Jean-Louis Beaudeux, doyen de la faculté de pharmacie Paris Descartes.

Cette expérimentation a pour ambition de faire avancer l’élève dans une autre filière, avant d’éventuellement revenir à faculté de médecine. En effet, un étudiant en troisième année de pharmacie, par exemple, peut déjà, en suivant des modules complémentaires, postuler au dispositif Alter-Paces. Ce-dernier permet de réintégrer une deuxième année en médecine en passant un nouveau concours.

Des problèmes d’organisation

Reste que cette décision n’est pas sans poser un certain nombre de questions, notamment en termes d’organisation. En effet, les élèves de terminale, qui ont jusqu’au 13 mars pour indiquer leurs vœux sur la nouvelle plateforme d’orientation Parcoursup’, n’ont pas été prévenus de ce projet. Or, la suppression du redoublement pourrait éventuellement peser sur leur décision. Notamment pour ceux qui envisageraient de faire une classe préparatoire avant de se lancer.

Une autre difficulté de taille … Que faire de ceux qui redoubleraient cette année ? L’an prochain, ils arriveraient avec un avantage pour aborder le concours de passage en deuxième année. Risquant d’entraîner une rupture d’égalité avec les nouveaux inscrits.

Pour résoudre ce problème, le ministère de l’Enseignement supérieur, qui doit valider l’expérimentation par un arrêté, réfléchit encore au dispositif à adopter pour l’année de transition, La solution serait, pour l’année 2018-2019, de faire deux numerus clausus (le nombre de places maximum en deuxième année). L’un pour les redoublants, l’autre pour les primo-arrivants de cette année de transition. Un casse-tête d’organisation en perspective qui a poussé les universités Paris-Sud, Paris XIII et l’Université de Versailles Saint-Quentin, sollicitées par le gouvernement, à refuser l’expérimentation dès l’année prochaine. Elles ont effectivement jugé le délai trop court.

Inquiétude du côté des étudiants

Près de la moitié des effectifs des premières années de médecine est actuellement constituée de redoublants. Interrogée par Le Figaro, la Fédération des associations étudiantes de Lille (Fael), où l’expérimentation pourrait aussi s’appliquer à l’avenir, voit cette perspective d’un mauvais œil. En effet, elle a déclaré craindre « de voir se multiplier les années de préparation, ou année zéro, proposées par les boîtes privées ». En outre, elle a dénoncé au passage une « inégalité de préparation au concours ».

Publié le vendredi 26 janvier 2018 à 10:37, modifications vendredi 26 janvier 2018 à 10:05

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