Société

Harcèlement dans les transports : 87% des femmes en sont victimes

Pour ne pas avoir à subir des gestes ou des remarques déplacés, une femme sur deux admet adapter sa tenue vestimentaire ou préférer prendre un taxi…

Sifflées, injuriées, remarques sexistes sur une tenue vestimentaire, gestes déplacés voir agressions sexuelles : 87% des femmes ont déjà été victimes de harcèlement dans les transports en commun.

Ce chiffre est le résultat d’une étude menée par la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) et qui a été publiée ce jeudi 16 juin. Ce sondage a été basé sur les réponses de plus de 6 000 usagères (de métro, RER, autobus, train…) et a permis de mettre en exergue que la crainte de harcèlement modifie considérablement le comportement des femmes dans leur utilisation des transports publics.

Ainsi, plus de la moitié des femmes interrogées ne souhaiteraient plus avoir recours aux transports en commun selon les heures de fréquentation. Il s’agit principalement de la soirée, qui engendre un risque plus accru de harcèlement. 34% d’entre elles ont abandonné les transports en publics contre le vélo, ou encore le taxi, même si c’est plus onéreux.

Enfin, les femmes sont 48% à adapter leur tenue vestimentaire pour se déplacer. Elles se voient donc contraintes de troquer une jupe légère contre un pantalon en plein été ou encore dissimuler un décolleté sous un foulard.

En adoptant ces stratégies d’évitement, les femmes atteignent leur liberté d’être et de circuler.

A expliqué Annie Guilberteau, la directrice générale du Centre national d’information sur les droits des femmes et des familles (Cnidff).

D’autres stratégies (qui concernent 80% des femmes) consistent également à se mettre près des portes de la rame de métro pour sortir au plus vite au moindre problème ou à changer de place dès qu’un homme se montre trop pressant. Ainsi, 80% des femmes ont avoué préférer s’enfuir lorsqu’elles sont agressées, plutôt que de se diriger vers un poste de police ou d’informer les numéros d’urgence.

Ce type de comportement est compréhensible lorsque l’étude révèle que dans 89% des cas de harcèlement, les témoins des scènes ne réagissent pas ou feignent de ne rien voir.

L’étude de la Fnaut pointe un véritable sujet de société : les femmes devraient avoir la liberté de porter plainte plus facilement, à condition que du côté des organismes de transports publics, les agents se montrent plus vigilants sur ces dérives.

Espérons que cette étude permette de mettre en place des solutions pour que les femmes n’aient pas à changer leur façon de se vêtir ou leur habitude de déplacement pas crainte de se faire agresser.

Publié le vendredi 17 juin 2016 à 13:08, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !