Société

Handicap : Où en est la scolarité de ces enfants ?

handicap,

La scolarité des enfants handicapés en milieu ordinaire a toujours été un casse-tête pour les différents gouvernements. Beaucoup de promesses lors de leurs campagnes, mais qu’en est-il réellement sous la gouvernance de Macron ? Le président avait promis de répondre à cette question épineuse durant sa campagne.

C’est une réelle question sociétale qui se pose aujourd’hui. Que deviennent ces enfants atteints d’un handicap à la rentrée scolaire ? c’est l’un des combats de l’association “Collectif Citoyen Handicap” qui a révélé des chiffres accablants concernant la non-prise en charge de ses enfants dans le milieu scolaire ordinaire.

On continu à alerter, vont ils prendre conscience de la situation…

Publié par Collectif Citoyen Handicap sur jeudi 21 septembre 2017

Emmanuel Macron s’était engagé a créer des emplois d’AVS ( Auxiliaire de Vie Scolaire) durant sa campagne. C’est lors d’une interview accordée à Handicap.fr que le Président de la République explique qu’il va prendre des engagements clairs durant son quinquennat.

Handicap.fr : Combien comptez-vous créer de postes d’AESH (ex AVS) pour l’accompagnement des élèves handicapés ? À quelle échéance ? Sur quelle durée ?

Emmanuel Macron: Il est indispensable de planifier la montée en charge des dispositifs de formation des futurs AESH, à partir d’un état des lieux détaillé des besoins et de leur évolution. Dès la rentrée scolaire 2017-2018, un plan d’action « accompagnement scolaire » sera mis en oeuvre en lien étroit avec l’Education nationale, les collectivités locales et les associations. Ce plan d’action sera assorti d’indicateurs d’inclusion scolaire et de processus d’évaluation tout au long du quinquennat.

Qu’en est-il réellement pour cette rentrée scolaire?

Il faut noter que depuis la loi 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, des progrès ont été remarqués. Pourtant, cela reste encore insuffisant. Douze ans après cette loi, des incohérences subsistent encore dans la prise en charge des personnes atteintes d’un handicap. Un des points les plus difficiles à traiter est la scolarisation des enfants atteints d’un handicap. Il faut savoir que les centres spécialisés ne sont pas assez nombreux en France et que bien souvent les parents sont dans une impasse lorsqu’on leur voit refuser leurs enfants dans un établissement spécialisé. S’annonce alors un vrai parcours du combattant et les parents sont souvent seuls et épuisés.

Il donc anormal que des enfants restent sur la touche à la rentrée scolaire. Le nombre d’enfants en situation de handicap scolarisés en « milieu ordinaire », a plus que doublé en douze ans, passant de 133 838 en 2004 à 280 000 en 2016. Le problème ? Il n’y a pas assez d’accompagnants et surtout on demande à des personnes non formées d’accompagner des enfants avec des troubles spécifiques qui demandent ô combien une attention particulière. On ne prend pas en charge un enfant autiste sans un minimum de formation.

Pour cette rentrée scolaire, 3500 élèves n’ont toujours pas d’AVS. Malgré les restrictions budgétaires, le gouvernement a renforcé les équipes et mobilisé prés de 80 000 accompagnants. Ils sont 50 000 en contrat aidé et 30 000 accompagnants d’élève en situation de handicap (AESH), soit 8 000 de plus qu’à la rentrée 2016. Mais cela reste toujours insuffisant.

Pas assez de candidats pour les postes d’AVS

En cause? La précarité de ce travail. Les auxiliaires sont engagés à temps partiel, pour un travail exigeant. Compliqué d’attirer les foules. Claude Bisson-Vaivre, médiateur de l’éducation nationale explique dans un rapport publié en juin :

Le public pour un contrat AVS est volatile, toujours susceptible d’abandonner sa candidature pour un emploi à temps complet, mieux rémunéré ». Il faut alors relancer tout le processus de recrutement.

Voilà un des problèmes qui configurent cette situation désastreuse. Le gouvernement affirme cependant prendre toutes les dispositions nécessaires pour régler au plus vite cette situation alarmante.

Comment s’organisent les parents ?

Ils n’ont pas le choix que de garder ou de faire garder leurs enfants à des proches quand ils en ont. Là aussi, il y a une réalité agaçante. Les parents sont obligés de restreindre ou d’arrêter de travailler afin de s’occuper au mieux de leurs enfants. Dans plus de la moitié des cas, c’est la mère qui arrête de travailler et cela ne risque pas de changer.

Serge Ebersold, sociologue, titulaire de la chaire accessibilité au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et co-auteur d’un rapport sur l’école inclusive publié en 2016 par le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) explique ceci:

Aujourd’hui, pour que le droit à l’éducation se concrétise, on exige des parents de s’impliquer, ce qui demande du temps, des ressources et un capital culturel.

En attendant, on laisse de côté 3500 enfants qui n’attendent qu’une chose, aller à l’école.

Publié le vendredi 22 septembre 2017 à 14:15, modifications vendredi 22 septembre 2017 à 14:39

Vidéos relatives

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Vu sur le web

Vers le top