Société

Grève à la SNCF ? Réponse des syndicats jeudi soir

Prêts au “bras de fer” avec le gouvernement, les syndicats de cheminots doivent décider jeudi 15 mars, au soir, s’ils lancent une grève dure contre la réforme de la SNCF que l’exécutif entend mener tambour battant par ordonnances.

La journée débutera au ministère des Transports, où les dirigeants de la SNCF remettront, vers 10H00, leur programme pour concocter le “projet stratégique” qu’ils doivent présenter avant l’été.

Réformer la SNCF en profondeur

Le Premier ministre Edouard Philippe a en particulier demandé à la SNCF d’“aligner ses coûts sur les standards européens”, quand “faire rouler un train en France coûte 30% plus cher qu’ailleurs”.

Le président du directoire de la SNCF Guillaume Pepy a cité la semaine dernière les thèmes qu’il compte aborder: “efficacité industrielle, compétences élargies dans les métiers, création de nouveaux métiers polyvalents, accélération digitale (numérique, ndlr), organisation locale du travail, simplification, et nouvelle organisation.”

De quoi énerver davantage des syndicats déjà passablement échaudés par la présentation, mercredi, du projet de loi permettant le recours à des ordonnances pour accélérer la réforme du secteur ferroviaire.

Le texte prévoit notamment “l’arrêt des recrutements au statut (de cheminot) des nouveaux agents”, ce qui est considéré par les syndicats comme un casus belli.

“On va vers un bras de fer, c’est clair”, a prévenu Roger Dillenseger, secrétaire général de l’Unsa, deuxième syndicat de la SNCF. “La balle était dans le camp du gouvernement. Ce projet de loi montre son approche contradictoire entre une volonté d’échanges affichée et la réalité du texte”, a-t-il dit à l’AFP.

SUD-Rail (le troisième syndicat) souhaite “une grève reconductible et dure face à un gouvernement dur et inflexible”. La projet de loi “montre bien qu’on n’est pas dans une concertation, mais dans une explication de texte. Le gouvernement veut passer en force, sans écouter les organisations syndicales”, a dénoncé son porte-parole Erik Meyer.

La CGT Cheminots (premier syndicat) avait indiqué mardi soir, à la sortie d’une rencontre avec le Premier ministre Édouard Philippe, que l’intersyndicale pourrait décider “une grève reconductible par période de 24 heures ou sous une autre forme”.

La CFDT (quatrième syndicat) a de son côté noté que “pas une virgule n’a été modifiée entre les premières annonces et le projet de loi”.

Calendrier d’appel à la grève

“On va droit dans le mur avec une telle méthode. Cela va durcir les positions. Les réunions de la concertation sont stériles. On va réellement vers une mobilisation des cheminots”, a estimé Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT Cheminots.

Les garanties apportées mercredi par la ministre des Transports Elisabeth Borne ne semblent pas calmer les esprits.

“Le pacte social de l’entreprise SNCF (….) restera nécessairement un pacte social de haut niveau”, a-t-elle assuré au sortir du conseil des ministres.

“Les cheminots que je rencontre me disent : ‘Le statut, c’est la contrepartie des contraintes particulières liées à nos métiers.’ (…) Ces contraintes, il est clair qu’elles doivent être portées au niveau de la branche, de la convention collective, dans un souci d’équité pour tous les salariés du secteur, et d’équité aussi entre les entreprises“, a-t-elle ajouté.

Lors de la réunion intersyndicale prévue jeudi soir, SUD-Rail proposera “de déposer le plus rapidement possible un préavis de grève unitaire et reconductible” aux trois autres syndicats représentatifs du groupe.

Jeudi soir, “l’objectif est clairement pour nous de sortir avec une date” de démarrage d’une grève, a indiqué M. Meyer. “On va certainement définir un calendrier d’appel à la grève“, a renchéri M. Aubert.

Les syndicats ont déjà au programme une manifestation nationale des cheminots, le 22 mars à Paris, à l’initiative de la CGT, rejointe ensuite par les trois autres syndicats représentatifs et par FO (cinquième syndicat).

SUD-Rail a déjà déposé seul un préavis de grève (du 21 mars à 20H00 au 23 mars à 08H00) pour “permettre aux cheminots de participer” à cette manifestation. De même, la CGT prévoit aussi des préavis de grève locaux.

Publié le jeudi 15 mars 2018 à 4:23, modifications jeudi 15 mars 2018 à 10:17

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