Société

France/ Iran : les mollahs sont furieux du rassemblement de l’opposition

TRIBUNE

Le régime iranien a vivement condamné la tenue récente en France du rassemblement annuel du Conseil national de la résistance iranienne et a exigé qu’on musèle son opposition en exil tout comme il emprisonne ses opposants à l’intérieur.

Selon l’agence de presse officielle iranienne Irna, Mohammad Bagher Nobakht, le porte-parole de gouvernement iranien a déclaré au sujet de cette réunion:

Avoir accueilli ce rassemblement d’un groupe terroriste anéanti et détesté, et avoir donné de l’air à un corps puant est un signe de faiblesse et d’incapacité

Sur le plan de la diplomatie, l’ambassadeur de France à Téhéran, François Sénémaud, a été convoqué par Bolqassem Delfi, ministre des Affaires étrangères, qui lui a remis un message de protestation. Dans cette missive, on apprend que

la tenue de ce rassemblement par ceux qui ont les mains tachées du sang du peuple iranien est inacceptable.

Le motif de la colère des mollahs réside non seulement dans la tenue annuelle du rassemblement du Conseil national de la Résistance iranienne mais aussi dans les nombreux soutiens venus appuyer l’appel de Maryam Radjavi pour un changement de régime et l’instauration d’une république laïque et pluraliste en Iran, mais aussi et surtout dans le succès médiatique et diplomatique de celui-ci.

Le fait de voir s’exprimer des dizaines de personnalités françaises et internationales sur la théocratie islamiste au pouvoir en Iran et la retransmission du rassemblement par les chaînes de télévision de langue arabe comme Al-Arabiya, Al-Hadath, et Sky News Aarabie.

La couverture du meeting par les plus importants quotidiens du monde arabe comme Asharq al-Awsat, al-Hayat, al-Riyadh, al-Seyassah, Okaz, Arab Times ou encore Arab news aura suffi a provoqué le courroux des mollahs.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a déclaré que ce rassemblement du CNRI donnait lieu

chaque année à des discours d’individus de différents pays qui soutiennent les terroristes.

Parmi les intervenants remarqués du grand rassemblement de la Résistance iranienne à Paris, on note la présence de l’ancien chef du renseignement saoudien et ancien ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, le Prince Turki Al Faisal, qui a appelé au renversement du régime iranien lors de son discours.

Ils étaient des dizaines de milliers à Paris pour participer au rassemblement organisé le 9 juillet dernier par le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI). Les opposants iraniens étaient soutenus par des milliers de sympathisants et personnalités de tous horizons politiques, culturels et sociaux. L’objectif de cette rencontre était un Iran libre, qui passe par un changement de régime dans le pays. La présidente de l’opposition iranienne Maryam Radjavi a déclaré que la seule solution pour améliorer la stabilité dans le pays et sa région est un changement de régime.

The National, un journal des EAU, rapporte que l’évènement a rassemblé des activistes et dissidents iraniens en exil du monde entier, et que le Prince Turki est la plus haute personnalité du Golfe Persique à adresser un discours lors de ce rassemblement.

La fin de votre lutte est pour très bientôt, je souhaite que ce régime soit renversé.

a-t-il déclaré.

Il a également évoqué l’histoire de la relation d’amitié entre les peuples persans et arabes en soulignant les liens linguistiques, culturels et religieux qui les unissaient. Selon lui, les tensions actuelles entre les pays arabes et l’Iran ne sont qu’un bref épisode d’une relation d’amitié de longue date, et elles sont causées par l’interférence continue du régime iranien dans les affaires arabes.

Il a également rendu hommage aux « martyrs » de l’opposition et à ses dirigeants, puis a affirmé son soutien dans leur lutte pour éliminer le « cancer Khomeini ». Son discours a été chaleureusement applaudi et entrecoupé de chants arabes « le peuple veut la chute du régime », slogan des soulèvements du printemps arabe en 2011. En revanche, il s’est attiré les foudres de Téhéran qui l’a traité pour l’occasion de

père des Talibans et d’Al-Qaïda et partenaire des sionistes.

Selon une source du ministère des Affaires étrangères mentionnée par l’agence ISNA, cette réaction excessive est

le signe de la frustration de l’Etat saoudien et un nouvel exemple de l’obscénité et la stupidité politique.

On soulignera également la présence de l’ancien premier ministre algérien, Sid Ahmed Ghozali, de l’ancien ministre jordanien de l’Information Salah Gualleb, de l’ancien ministre égyptien des Affaires étrangères Mohammad Orabi, du membre du mouvement palestinien Fatah Azzam Al Ahmad et de l’ancien représentant du Congrès américain, Newt Gingrich, qui a appelé à une posture américaine plus agressive vis-à-vis du régime iranien.

Quand je retournerai en Amérique, je leur ferai savoir qu’il y a des centaines et des milliers d’iraniens dans le monde entier qui soutiennent l’opposition démocratique.

Le message de Maryam Radjavi

Lors de son discours d’ouverture, la présidente de l’opposition, Maryam Radjavi, a affirmé que la seule solution pour améliorer la situation dans la région et de l’Iran est un changement du régime. Elle a rappelé la sombre situation dans le pays un an après l’accord sur le nucléaire, en évoquant un constat “d’échec” car le pays est en pleine récession économique et coupé de ses voisins. L’accord sur le nucléaire signé le 14 juillet 2015 prévoyait une limitation du programme nucléaire par Téhéran en échange de la levée des sanctions économiques occidentales contre l’Iran. Mme Radjavi a expliqué qu’un an plus tard, une grande partie des sanctions ont été levées mais que l’argent continue d’être utilisé à des fins de bellicisme en Syrie et que les tirs d’essai nucléaires augmentent. En effet, huit jours après avoir confirmé le recul dans le domaine nucléaire, Khamenei ordonnait la plus grande attaque à la roquette de l’histoire sur le camp Liberty, causant la mort de 24 membres de Moudjahidines du peuple d’Iran.

Elle a terminé son discours avec des propos d’espoir pour un futur meilleur, citant diverses religions :

Dans la Bible, Dieu dit à Moïse : je t’ai appelé pour libérer les prisonniers et ceux qui vivent dans les ténèbres de l’oppression. Dans l’Evangile, Jésus dit : Tout est possible à celui qui croit. Et le Coran dit : Alors résiste d’une belle résistance ; ce qu’ils estiment être encore loin, nous le voyons tout proche. C’est un engagement qui au fil du temps a franchi tous les barrages, quelle que soit l’épaisseur de leurs murs et la difficulté qu’ils présentent. Face à la résistance du peuple iranien, la tyrannie religieuse ne tiendra pas non plus. Oui, une ère nouvelle pointe à l’horizon où s’épanouira une société fondée sur la démocratie et la séparation de la religion et de l’Etat, ainsi que sur l’égalité des femmes et des hommes.

Publié le vendredi 15 juillet 2016 à 14:08, modifications jeudi 21 juillet 2016 à 17:06

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

4 Commentaires