Société

Fleury-Mérogis : Les surveillants de prison au bord du « ras-le-bol »

Depuis lundi soir, l’établissement de Fleury-Mérogis est bloqué à la demande de trois syndicats. Cette action de « ras-le-bol » fait suite à la violente agression de six surveillants de la prison, jeudi dernier. L’occasion pour Olivier Le Gentil, le secrétaire local adjoint de l’UFAP-UNSa Justice, d’apporter plus de détails sur la situation…

Considérée comme la plus grande maison d’arrêt d’Europe, Fleury-Mérogis abrite plusieurs centaines de détenus. Alors, forcément, devant une telle population, les incidents se multiplient. Dernier exemple en date : l’agression de six surveillants, jeudi, dans le quartier des mineurs. Il n’en fallait pas plus pour que les syndicats haussent le ton

En effet, lundi 10 avril au soir, les surveillants de la prison ont organisé le blocage total de l’établissement. Une action entreprise par les trois syndicats du centre pénitencier, à savoir l’UFAP-UNSa Justice. Dans un long entretien accordé à L’Express, Olivier Le Gentil, le secrétaire local adjoint de l’organisation de défense des surveillants, en dévoile davantage quant aux revendications.

« LE PERSONNEL EST A BOUT »

En effet, c’est sans concession que l’homme, visiblement marqué par les derniers événements en date, fait part de son ras-le-bol. Ainsi, après avoir rappelé les faits survenus la semaines passée, celui-ci déclare :

A Fleury-Mérogis, les agressions sont quotidiennes. Il y a un mois et demi, c’est un élève surveillant cette fois qui a été victime d’une tentative d’étranglement sur la coursive. Ce sont des violences autant verbales que physiques, et qui montent en grade. Nous allons donc totalement bloquer le domaine pénitentiaire. Nous allons mettre des barricades sur l’avenue et nous empêcheront toute entrée ou sortie -hors urgences médicales évidemment.

Et d’ajouter :

Tout le personnel, tous grades et corps confondus, est à bout. Nous sommes confrontés à des pénuries de personnels à tout niveau: surveillants, premiers surveillants et officiers. Nous demandons le comblement des postes vacants, et le report de l’ouverture du quartier d’évaluation de la radicalisation (QER) puisque nous n’avons pas les moyens humains d’ouvrir ce service, qui va donc fragiliser les autres services.

DES PROMESSES NON TENUES

Autre information révélée par Olivier Le Gentil : des promesses non tenues quant à la sécurisation de l’établissement de Fleury-Mérogis. Celui-ci déplore notamment :

On nous avait aussi promis une sécurisation du domaine, mais pour l’instant, il n’y a rien qui avance. Nous voulons aussi une fouille générale de la prison. Enfin, l’intersyndicale demande une audience avec le directeur de l’administration pénitentiaire pour pouvoir lui soumettre nos revendications.

La semaine dernière, une nouvelle enquête publiée dans L’Express faisait part de l’état alarmant de la situation quant à la surpopulation carcérale. A bien des égards, la situation du système pénitentiaire français semble loin, très loin d’avoir réglé ses problèmes !

Publié le mardi 11 avril 2017 à 8:54, modifications mardi 11 avril 2017 à 8:58

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