Société

Une femme de 28 ans condamnée pour abus de faiblesse sur son mari de 82 ans

Une femme a été condamnée pour abus de faiblesse sur son mari, plus âgé qu’elle.

Le mari a 82 ans et elle 28 ans. Malgré leur grande différence d’âge, ils se sont mariés le 28 avril 2015. Un mariage jugé frauduleux. L’homme sérieusement affaibli par deux AVC et un cancer n’avait pas toutes ses facultés pour consentir à cette union.

Le tribunal de Saint-Brieuc a tranché. La mariée est condamnée à 6 mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve pour abus de faiblesse sur une personne vulnérable. L’action en justice a débuté lorsque les restaurateurs du mariage ont été “fortement choqués” par l’état physique et psychique du marié. Ils ont alors décidé d’alerter le parquet de Saint-Brieuc qui a mené l’enquête.

Le couple s’était rencontré au Congo dont la mariée est originaire. A la barre, elle a témoigné de son amour.

Ce n’était pas le coup de foudre, j’ai appris à l’aimer. La différence d’âge n’a jamais influencé mon raisonnement ni les sentiments envers lui.

Ils sont revenus en France ensemble fin 2013. Selon une amie de l’octogénaire, elle n’était qu’une simple auxiliaire de vie. Pourtant, à la barre, elle a nié ce statut.

Je n’ai jamais été aide-soignante. Il m’a demandé d’arrêter mon boulot, je suis restée avec lui.

Peu avant son retour, le marié avait fait un accident cardio-vasculaire puis un second au cours du voyage. Des attaques nécessitant une hospitalisation d’urgence à l’hôpital de Saint-Brieuc. Inquiète pour son ami octogénaire, sa proche amie a décidé de le placer sous tutelle financière.

De nombreuses personnes présentes à la cérémonie ont décrit un “mariage troublant”. Très épuisé, le marié n’arrivait même pas à passer l’alliance à sa femme. Il fallait également l’aider pour signer le registre. Un témoin raconte.

Je n’ai jamais vu un mariage aussi choquant.

L’élu qui officiait le mariage n’était pas pour ce mariage.

J’étais contre ce mariage mais j’ai agi selon la loi.

Le juge des tutelles et le procureur de la République étaient d’accord avec cette union. Ainsi que la tutrice qui s’est justifiée en expliquant qu’il y “avait de l’affection entre eux”. Mais une semaine après le mariage, le médecin Patrick Lewden a déclaré.

Une incapacité totale, aussi physique que psychique, d’émettre un quelconque consentement. Il n’était pas en état de comprendre les conséquences juridiques du lien matrimonial pour sa fin de vie.

Le procureur déplore “une mascarade” et avait requis dix mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve. Durant le procès, l’avocat de la partie civile a jugé que la mariée ne pouvait ignorer l’état de faiblesse de son mari. Alors que l’avocate de la défense avait noté que sa cliente était “totalement dévouée à son mari”. L’avocate ajoute qu’elle avait obtenu son titre de séjour avant le mariage.

En conclusion, la mariée est condamnée à six mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve. Une condamnation inacceptable pour la défense qui va faire appel. Le couple est toujours légalement marié et vit sous le même toit.

Publié le mercredi 29 juin 2016 à 15:38, modifications mercredi 29 juin 2016 à 15:38

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