Société

États-Unis : les hommes noirs ont trois fois plus de chances d’être tués par la police

C’est la conclusion d’une étude publiée jeudi dernier par l’ American Journal of Public Health. Un phénomène généralisé à tout le pays, et dont les chiffres sont peut-être minimisés, disent les auteurs.

L’American Journal of Public Health a publié cette statistique sur les hommes noirs tués par la police jeudi dernier. Cette revue centenaire analyse la santé à la fois sous ses aspects publics et politiques.

Pour ce faire, elle se dote ainsi d’articles pointus rédigés par des professionnels. Papiers par ailleurs corrigés par des pairs avant édition. Aussi, c’est avec un crédit particulier que la presse états-unienne à accueilli ces conclusions.

Les détails des données utilisées

Les chercheurs ont étudié, entre 2012 et 2018, tous les homicides dont les victimes étaient des hommes. Ainsi, 8% de ces décès furent le fait de la police. Parmi les 6300 morts enregistrés dans cet intervalle, 1800 étaient des hommes noirs.

De fait, le ratio d’hommes perdant leur vie au contact des forces de l’ordre demeure le plus élevé au sein de la communauté afro-américaine. Cependant, leur risque d’être tués par les policiers varie en fonction du lieu d’habitation.

Un risque généralisé à tout le territoire

Par exemple, dans les villes du Middle West, le risque est 8 fois supérieur. Frank Edwards, auteur principal du rapport, observe que 60 % de ces décès ont lieu dans les banlieues et les zones rurales.

Le problème ne se limite pas à une seule région ou à un type d’endroit.

Expliquait-il ainsi à Newsweek.

Il y a des zones où le risque (que la police tue des hommes noirs) est vraiment très, très, très élevé. Toutefois, partout dans le pays, il n’existe aucune région où ce risque n’est pas au minimum le double (que celui encouru par les hommes d’autres groupes ethniques).

Constatait-il enfin, circonspect.

Des chiffres déjà alarmants, mais encore loin de la réalité

En effet, la couverture médiatique de ces affaires se limite souvent aux cas des métropoles et leurs agglomérations. Pourtant, dans les faits, l’American Journal of Public Health constate que 10% de ces morts surviennent en zone rurale.

Aussi, cela entraine deux conséquences. D’abord, un manque de traitement par les médias locaux. Ensuite, un sous-signalement par les services judiciaires régionaux. Un phénomène qui rend encore plus opaque l’accès aux chiffres réels.

 

Publié le mercredi 8 août 2018 à 16:07, modifications mercredi 8 août 2018 à 11:08

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