Société

États-Unis : Heidi Beirich explique la montée de l’extrémisme

Aux États-Unis, il existe des organismes qui observent l’évolution du climat politique du pays. Heidi Beirich, qui dirige l’une d’entre elles, décrypte les tenants et les aboutissants de cette vigueur retrouvée de l’extrême droite américaine.

Heidi Beirich travaille pour la Southern Poverty Law Center (SPLC). Celle-ci officie dans le créneau du suivi des extrémismes depuis 1999.

Heidi Beirich, analyste invétérée de la SPLC

Ainsi, la SPLC est à l’origine du Hatewatch blog. De plus, elle fait paraître, tous les trimestres, l’Intelligence ReportHeidi Beirich en a la charge. Il s’agit d’un rapport trimestriel, récompensé pour son acuité, qui publie des données sans cesse actualisées concernant l’extrême droite américaine.

Par exemple, dans son édition de février 2017, l’Intelligence Report atteste d’une augmentation des formations racistes. Ainsi, en 2015 il y en avait 892 ; en 2016 on en dénombre 917. La plus forte progression touche toutefois les organisations islamophobes. On en recensait 34 en 2015. Or, en 2016, elles étaient 101. Et pour l’analyste, il y a bien un avant et un après Donald Trump.

Pour Heidi Beirich, Trump a ouvert la boite de Pandore

 Il les a sanctifiés. Ils les a rendus publics. En fait, Donald Trump est le plus grand normalisateur de haine que nous ayons eu.

Disait-elle déjà, l’année dernière, à ABC.

Aujourd’hui, son opinion n’a pas changé.

 L’usage peu orthodoxe par Trump de choses liées au racisme et anti-musulmanes–le tout avec un lexique sectaire–a ouvert la porte à une politique qui n’existait pas auparavant.

Soutient-elle cette fois à l’Agence France Presse.

Si elle reconnaît qu’il y a « toujours eu une poignée de néo-nazis », elle affirme toutefois que le langage de Donald Trump « a fait empirer la situation ».

Le jeu dangereux de Donald Trump

Ainsi, le fait que Trump ait remporté les élections américaines malgré son langage clivant et excluant « a ouvert une voie -vers le succès électoral- considérée jusque là comme impossible ». De plus, Donald Trump soutient des candidats qui incitent à la haine et la division, tel Joe Arpaio.

Lorsqu’il était en fonction, cet ancien Shérif de l’Arizona, qui aujourd’hui bat campagne en espérant devenir sénateur, encourageait ses équipes à faire des contrôles au faciès. Et ce, malgré l’illégalité de la pratique et son interdiction par la justice.

Reconnu coupable d’outrage par les tribunaux, Arpaio évitera toute sanction : Donald Trump le gracie avant sa sentence. Un signal de plus, envoyé aux franges extrémistes du parti républicain, pour leur dire qu’ils sont légitimes malgré la violence de leurs discours et actions.

Publié le lundi 30 juillet 2018 à 15:06, modifications lundi 30 juillet 2018 à 10:22

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !