Société

Des bancs anti-SDF dans une station de métro parisienne 

Polémique

La RATP a récemment installé des bancs métalliques inclinés sur le quai de la station de métro Stalingrad. Une expérimentation vivement critiquée par les passagers et les internautes.

Mais à quoi peuvent bien servir ces étranges banquettes métalliques bleues ? Les voyageurs qui empruntent la station Stalingrad de la ligne 5 de métro sont nombreux à se poser la question. Car depuis quelques semaines, de nouveaux bancs ont fait leur apparition sur la station. Par « bancs », comprenez surtout des blocs de métal inclinés, rapprochés les uns des autres et disposés tout au long du quai, là où se trouvent généralement les traditionnels sièges individuels en plastique.

Cette mesure a été relevée par le journal Libération mi-mars et a déclenché de vives réactions chez les internautes. Les usagers ont d’ailleurs leur propre avis sur la question :  « c’est probablement pour empêcher les SDF d’y dormir », lâche l’un d’entre eux, interrogé par 20 Minutes. Une théorie que la RATP conteste :

« L’objectif de ces dispositifs est de bénéficier aux voyageurs lors de leur temps d’attente en élargissant les possibilités d’assise. En outre, le nettoyage de ces assises est plus simple »

Des bancs anti-SDF ou des bancs anti-toxicomanes ? 

Des agents de la RATP ont cependant démenti cette explication (pour le moins bancale) en reconnaissant qu’il s’agit surtout d’un dispositif anti-toxicomane.

À Stalingrad, nous devons gérer un phénomène inquiétant de présence en continu de personnes sans domicile fixe (qui se mettent en danger par un comportement parfois inapproprié sur le réseau) et de toxicomanes

concède un porte-parole de l’entreprise interrogé par Le Parisien.

Les organismes qui viennent en aide aux sans-abris déplorent un dispositif trop souvent mis en place :

c’est malheureusement la politique actuelle du mobilier urbain

constate le réseau associatif Carillon.

Cécile Rocca, coordinatrice du Collectif Les Morts de La Rue, confirme ces propos. Si elle mentionne les efforts de la RATP et de son Recueil Social – une équipe de 90 agents de la RATP qui prend en charge les SDF et les oriente vers des structures d’accueil – elle dénonce en revanche une tendance de plus en plus courante de « mobilier dissuasif » mis en place à l’encontre des sans-abris :

Je ne jette pas la pierre à la RATP. Ces aménagements (les accoudoirs centraux sur les bancs, les pics au sols, les plans inclinés…) se multiplient partout en ville avec le développement de la misère. Mais il est malgré tout utile que les usagers montrent qu’ils sont choqués. Elle incitera peut-être la RATP à mettre fin à l’expérimentation .

Publié le mercredi 5 avril 2017 à 15:15, modifications jeudi 13 avril 2017 à 2:05

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !