Société

D’après plusieurs étude, les femmes ont tendance à avoir la voix de plus en plus grave

La voix grave étant un signe d’autorité, de nombreuses femmes ont tendance à l’abaisser artificiellement pour paraître plus assurées.

On sait déjà depuis plusieurs décennies que le fait d’adopter un ton de voix grave permet d’augmenter l’aura d’autorité perçue par les autres. Mais d’après une série d’études menées depuis les années 1990, les scientifiques ont pu démontrer que les nouvelles générations de femmes adoptent naturellement une voix plus grave. Un phénomène qui a même d’ailleurs tendance à s’amplifier ces dernières années.

Une adaptation des femmes

L’exemple de Margaret Thatcher est déjà un cas d’école sur ce sujet. En effet, celle-ci avait eu recours un coach vocal après son élection afin d’augmenter son autorité. Plusieurs vidéo comparatives ont d’ailleurs émergé pour montrer la différence flagrante avant/après.

Mais si les hommes politiques ont tendance à avoir recours à des entraîneurs, le reste de la population semble s’être adaptée à cette tendance naturellement. Nous savons en effet que les voix graves sont perçus comme un signe d’autorité et de leadership, ce qui mène de nombreuses femmes à adopter ces caractéristiques pour accompagner leur émancipation, surtout parmi les nouvelles générations.

Des résultats impressionnants

Dès les années 1990, une étude menée en Australie avait permis de comparer la voix de jeunes femmes âgées de 18 à 25 ans avec des enregistrements de leurs congénères du même âge datant de 1945. Les chercheurs se sont également assurer qu’aucun autre facteur ne pouvait altérer leur voix (cigarette, pilule contraceptive etc.). Et leur résultat est sans appel : la fréquence moyenne est passée de 229 Hz à 206 Hz, une différence qui s’entend nettement à la simple écoute.

Mais ce phénomène semble s’être encore accentué récemment, puisqu’une nouvelle étude menée en Allemagne sur un panel de 5000 adultes et enfants a montré que la fréquence moyenne est désormais de 186 Hz, contre 220 Hz par le passé. La moyenne des hommes a quant à elle été mesurée à 110 Hz.

Les auteurs de l’étude australienne avaient émis l’hypothèse que la montée en puissance des femmes à des postes d’autorité pouvait avoir un lien avec ce phénomène. Mais la question n’avait pas été traitée plus en profondeur, jusqu’à ce qu’elle intéresse Joey Cheng, une chercheuse à l’université de l’Illinois. Cette dernière a en effet mené une expérience pendant laquelle elle a demandé aux participants de s’évaluer entre eux selon le critère de l’autorité naturelle.

Elle a alors pu observer deux phénomènes : la plupart des participants avaient tendance à baisser naturellement le ton de leur voix pour paraître plus assurés, et les individus ayant fait preuve du plus d’autorité selon les autres étaient précisément ceux dont la voix était la plus grave. Au contraire, les participants qui avaient pris une voix aigüe avaient été jugés comme soumis et indécis.

Mais ce phénomène n’est pas uniquement présent chez les êtres humains. En effet, certains singes comme les chimpanzés et les macaques rhésus ont tendance à rendre leur voix plus grave pendant les disputes, pour montrer leur domination sur les autres, et y compris les femelles.

La voix grave, un avantage sélectif

Au-delà de la question de l’adaptation des femmes, plusieurs autres études ont déjà prouvé les bénéfices dont jouissent les individus dotés des voix les plus graves. En effet, on a ainsi pu déterminer que les hommes politiques ont d’autant plus de votes que leur timbre est profonde. Dans le monde des affaires également, les patrons les mieux rémunérés sont ceux qui ont la voix la plus grave.

Une autre étude menée par Slate sur le sexisme dans le monde de la radio a également permis de mettre en évidence la discrimination en faveur des voix graves et masculines qui pèse dans ce milieu. Cela a même poussé certaines animatrices à adopter la technique du « vocal fry », ou le fait de faire grésiller sa voix en l’abaissant artificiellement à la fin de chaque phrase.

Ce phénomène, qui a d’abord été adopté à Wall Street par les femmes traders, s’est ensuite généralisé à certaines stars du show business comme Kim Kardashian, qui l’utilisent désormais systématiquement, avec parfois un effet opposé à celui recherché… Une étude récente a en effet montré que les étudiantes utilisant cette technique paraissaient moins assurées que les autres. A utiliser… avec modération, donc !

Publié le samedi 23 juin 2018 à 13:33, modifications samedi 23 juin 2018 à 10:33

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