Société

Le centre de déradicalisation à Beaumont-en-Véron menacé de fermeture

L’un de ses pensionnaires du centre de prévention à la radicalisation a été mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste. “C’est un réel échec”, confie le député PS Laurent Baumel.

Le premier centre de “déradicalisation” avait ouvert en septembre dernier dans la commune de Beaumont-en-Véron (Indre-et-Loire), près de Chinon. Mais l’un des pensionnaires du centre, Mustafa S., a été mis en examen et écroué ce vendredi. Arrêté mardi à Wissembourg en Alsace, lors d’une permission de sortie, il est suspecté d’avoir tenté de rejoindre la Syrie.

Il n’aurait jamais dû se retrouver dans ce centre

En décembre 2013, il avait essayé de rallier la Syrie avec l’un des terroristes qui, en 2015, commettra l’attentat au Bataclan. Les autorités le soupçonnent également d’avoir à nouveau tenté de rejoindre une zone de combat en mai 2016.

Selon le Monde, qui a révélé l’affaire, une perquisition a même été menée dans l’enceinte de l’internat du centre.

Connu des services de renseignements, Mustafa. S n’aurait jamais dû se retrouver dans ce centre de prévention. Ouvert sur l’extérieur, le centre devait, à la base, accueillir exclusivement des “volontaires” en voie de radicalisation n’ayant jamais eu affaire à la justice.

“On tâtonne”

Le député (PS) d’Indre-et-Loire, Laurent Baumel, le regrette :

Ce n’était pas idiot au départ. Mais faut reconnaître qu’on s’est plantés. C’est un réel échec.

Ce centre avait une portée expérimentale. “On tâtonne”, avait confessé à Libération un membre du cabinet de Bernard Cazeneuve à l’époque où il était encore ministre de l’Intérieur.

On ne sait pas exactement combien de pensionnaires compte aujourd’hui le centre. Moins d’une dizaine apparemment selon 20 minutes… Autrement dit, beaucoup moins que les 22 personnes que ce projet avait entrepris de déradicaliser.

Ce constat tombe alors que l’ancien Premier ministre Manuel Valls avait annoncé en septembre l’ouverture de treize autres centres. Il expliquait alors que 15 000 personnes étaient suivies par les renseignements pour des soupçons de radicalisation.

Le député Laurent Baumel devrait réclamer la fermeture du centre, le 2 février 2017, lors d’un comité technique.

Publié le lundi 23 janvier 2017 à 10:35, modifications lundi 23 janvier 2017 à 11:32

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