Société

Carrefour : Grève exceptionnelle pour le week-end de Pâques

Entre dialogue social dégradé et crainte sur les emplois, les salariés de Carrefour veulent exprimer leur colère samedi 31 mars.

Samedi 31 mars, partout en France, des grèves, des perturbations ou encore des manifestations sont prévus dans les magasins Carrefour.

Les clients doivent s’attendre à des entrepôts à l’arrêt et donc des rayons dégarnis. S’il s’agit d’un débrayage symbolique, il est remarquable par le caractère inédit au sein du groupe.

Ainsi, les syndicats des magasins Carrefour entendent frapper fort. Et pour cela, ils ont prévu de mobiliser tous les salariés du géant de la grande distribution. Si le mouvement de blocage va toucher les supermarchés, les hypermarchés de l’enseigne, il devrait également affecter les Carrefour Market. Par ailleurs, les cadres ne feront pas grève samedi. Toutefois, ils vont manifester leur mécontentement, eux aussi, dès vendredi 30 mars, en observant une « déconnexion totale », entre 9h et 11h.

Pourquoi les salariés font-ils grève ?

En faisant grève, les salaries ne demandent pas des augmentations de salaires. En effet, appelée par FO et la CFDT, et relayée séparément par la CGT, cette journée de grève aura pour mot d’ordre la défense des emplois et du pouvoir d’achat. Or, les salariés manifestent beaucoup d’inquiétude depuis qu’Alexandre Bompard, le nouveau patron de Carrefour, a annoncé en janvier dernier un vaste plan de redressement des activités du groupe. Il est notamment question du passage en location gérance de plusieurs hypermarchés, du développement de l’offre en ligne, ainsi que des réductions d’effectifs. En effet, il devrait y avoir 2.400 suppressions de postes au siège. Ainsi que 2.300 suppressions avec à la clé la fermeture ou la cession de 273 magasins ex-Dia.

Toutefois, la grogne des salariés a trouvé son origine dans l’annonce du versement d’une prime de participation moyenne de 57 euros contre 610 euros l’an dernier

C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

S’est emporté Sylvain Macé, un délégué syndical de la CFDT.

Face à cet écart considérable, les syndicats ont alors réclamé une mesure exceptionnelle pour maintenir le niveau de 2017. « Consciente de l’impact de cette baisse sur le pouvoir d’achat », la direction a finalement proposé de relever le montant à 407 euros. Un compromis dont les syndicats n’ont pas voulu. En effet, ils ont estimé que c’était insuffisant en comparaison des 356 millions d’euros de dividendes annoncés pour les actionnaires.

La méthode Bompard décriée

Annonces par voie de presse avant les représentants du personnel, négociations « à marche forcée », silence face aux revendications formulées…autant de points de blocages qui ont menés les syndicats à décrier la « méthode depuis qu’Alexandre Bompard » a pris les rênes du groupe l’été dernier.

Dans ce contexte tendu, une voie de sortie reste incertaine. Par ailleurs, une fois n’est pas coutume, les syndicats comme FO, la CFDT, la CGT font front commun. De son côté, la direction a argué que ses marges de manœuvre étaient réduites. En effet, bien que Carrefour soit le premier distributeur français, l’enseigne a accusé, en 2017, une perte nette de 531 millions d’euros. A ce titre, Alexandre Bompard a évalué à deux milliards d’euros les économies à faire d’ici deux ans. Une condition nécessaire pour lui afin de redresser le groupe.

Publié le vendredi 30 mars 2018 à 10:29, modifications vendredi 30 mars 2018 à 10:53

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