Société

Une baisse des actes de racisme en 2017, mais une hausse des violences antisémites et antimusulmanes

Le paradoxe français?

Un communiqué du ministère de l’intérieur indique une baisse des actes de racisme en 2017, mais une hausse des violences antisémites et antimusulmanes. Des chiffres révélateurs?

Une baisse des actes de racisme

La DILCRAH – Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti LGBT- révélait déjà, en 2016, une forte baisse des actes racistes. Elle enregistrait une baisse de 44,7%, recensant 1128 actes en 2016 contre 2032 en 2015. Les chiffres des violences antisémites étaient eux les plus bas depuis 15 ans, et les violences antimusulman les plus bas depuis qu’ils font l’objet d’une comptabilité (2010). Pour le ministre de l’intérieur, Bruno Le Roux, ces chiffres révélaient l’honneur de la France qui ne répondait pas à la haine par la haine, mais surtout l’efficacité des mesures prises par l’état.

En 2017, cette baisse semble continuer comme l’indique le ministre de l’intérieur Gérard Collomb dans un communiqué. Les actes racistes (hors actes antimusulmans et antisémites) s’élève à 518 faits, un chiffre important mais que le gouvernement indique plus bas de 14,8% par rapport à l’année précédente. Au sens strict, les actes antisémites connaissent eux une baisse de -7,2% (335 actes en 2016 contre 311 actes en 2017) et les actes antimusulmans une baisse de -34,5% (185 actes en 2016 contre 121 actes en 2017). Ces grandes baisses se justifient notamment par les calculs donnés, correspondant à des sous catégories. Ces chiffres importants semblent prometteurs, et peuvent à la fois démontrer une mobilisation réussie des institutions de la République mais surtout une logique post-attentat, les chiffres baissant naturellement depuis la grande hausse liée aux terribles attaques de 2015.

Une montée des violences antisémites et antimusulmanes: le paradoxe français?

Bien que l’année 2017 ait enregistré une baisse des atteintes aux lieux de cultes et sépultures musulmans et chrétiens – après une hausse continue de 2008 à 2016 – les attaques aux sites juifs ont quant à elle augmentée de 22% depuis 2016. La sous catégorie des actions violentes connaît également une hausse: en comparaison avec l’année 2016, les actions racistes passent de 84 à 85 faits, les actions antimusulmanes passent elles de 67 à 72 faits, et les actions antisémites s’élèvent à 97 contre 77 pour l’année précédente. Ces chiffres interviennent au lendemain d’une nouvelle agression antisémite d’un jeune garçon à Sarcelles, terrible attaque que le président a qualifiée d’agression envers la République.

Hasard du calendrier, cette attaque confirme les chiffres communiqués ce 31 janvier 2018. Le ministre de l’Intérieur a alors affirmé une “reprise d’actes antisémites particulièrement forts” depuis ce début d’année, là où le premier ministre Edouard Philippe a signalé une “nouvelle forme d’antisémitisme violente et brutale”. Il est à noter également que ces chiffres correspondent aux actions et violences ayant donné lieu à un signalement ou plainte à la police. Le comportement raciste engendre des conséquences négatives évidentes pouvant aller de la simple mise à l’écart de ceux que l’on croit différents ou inférieurs jusqu’à des formes plus explicites de harcèlement, de violences ou d’exclusion. Bien qu’une possible baisse soit à noter, ces chiffres invitent à une plus grande attention vis à vis du racisme.

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié le jeudi 1 février 2018 à 17:27, modifications jeudi 1 février 2018 à 18:42

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