Société

Attentats de Paris : la colère des victimes et de leurs familles

Alors que la commission d’enquête parlementaire sur les attentats s’est ouverte lundi, les victimes des attentats du 13 novembre et leurs familles ont exprimé leur colère face aux ratages de l’Etat.

Après le drame, la colère. Le 13 novembre dernier, Paris était la cible de terribles attentats qui ont fait 130 morts, des centaines de blessés et des milliers de victimes traumatisées. Aujourd’hui, ces victimes ainsi que leurs familles sont en colère. Alors que la commission d’enquête parlementaire sur les attentats s’est ouverte lundi, nombreux sont ceux à avoir exprimé leur mécontentement face aux ratés de l’Etat le soir des attentats et les jours suivants. Un récit glaçant que nos confrères de Paris Match détaillent dans leurs colonnes.

Caroline Langlade, vice-présidente de Life For Paris, a notamment livré un témoignage à faire froid dans le dos. Le 13 novembre dernier, elle était venue applaudir les Eagles of Death Metal au Bataclan. Quand les terroristes ont fait irruption dans la salle, elle s’est refugiée dans une loge de 9 mètres carré, avec une quarantaine de personnes. Derrière la porte, un terroriste tente de rentrer, en se faisant passer pour un gendarme. C’est alors que Caroline Langlade appelle les secours… mais la réponse à l’autre bout du fil ne sera pas celle qu’elle attend.

Présente lundi devant la commission d’enquête, Caroline Langlade a expliqué :

J’étais obligée de chuchoter parce que le terroriste était toujours derrière la porte. La personne m’a demandé de parler plus fort, je lui ai répondu que j’étais en otage et que le terroriste était derrière la ligne. La policière m’a répondu : ‘D’accord, mais là vous êtes en train de bloquer la ligne pour une réelle urgence.’ Je lui ai répondu à nouveau que je ne pouvais pas parler plus fort et la policière s’est énervée et m’a raccroché au nez en me disant tant pis pour vous.

Et d’ajouter :

Il a fallu que j’appelle ma maman à Nancy pour qu’elle appelle la police de Nancy et leur communique les informations.

Georges Salines, président de l’association 13 novembre, fraternité et vérité, rapporte quant à lui que ses proches ont appris la mort de sa fille, qui était présente elle aussi au Bataclan au moment du drame, sur les réseaux sociaux, via des tweets d’inconnus… Un ratage du dispositif d’aide et d’information qui est également pointé du doigt par Sophie Dias, la fille du chauffeur de taxi de nationalité portugaise, qui est décédé devant le Stade de France. Si le 14 novembre le consulat portugais lui apprenait la mort de son père, elle aura attendu plus d’une journée et demie pour avoir un coup de fil des autorités françaises. Pire encore, venue identifier le corps de son père à l’institut médico-légal (IML), Sophie Dias a été choqué par le commentaire de l’un des employés qui lui a dit :

Ne vous inquiétez pas si on ne vous montre pas la tête, vous verrez un pied.

Alexis Lebrun, membre de Life for Paris a quant à lui déploré le fait qu’il n’y avait au Bataclan ce soir-là aucune « présence policière », ni « fouille » alors que les autorités étaient conscientes des menaces qui pesaient et des risques d’attaque contre les salles de spectacle.

Le rapport de la commission d’enquête parlementaire est attendu pour le mois de juillet prochain.

Publié le mardi 16 février 2016 à 17:05, modifications mardi 16 février 2016 à 16:35

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