Société

Assaut de Saint-Denis : Deux ans après, les locataires délogés toujours à la rue

Deux ans après l’assaut donné à Saint-Denis contre le repère de plusieurs jihadistes des attentats du 13 novembre, la moitié des 80 personnes évacuées ce jour-là n’a toujours pas été relogée.

C’était le 18 novembre 2015, les hommes du RAID donnait l’assaut à Saint-Denis en région parisienne, pour déloger du 48 rue de la République la cellule terroriste responsable des attentats de Paris. En effet, Abdelhamid Abaaoud, identifié comme l’organisateur des attentats de Paris, est retranché avec des complices. Cette nuit-là, près de 1 500 munitions sont tirées, l’immeuble est en partie détruit.

La même nuit, 80 personnes ont été évacuées et n’ont jamais pu rejoindre leur logement. Selon l’association DAL, près de la moitié d’entre elles sont toujours sans solution de relogement pérenne. Des victimes collatérales des attentats du 13 novembre qui se sentent aujourd’hui ignorées par l’Etat.

La moitié relogée, l’autre à l’hôtel

La moitié des 47 ménages de l’immeuble a été relogée. Quant aux autres, ils sont pour la plupart toujours à l’hôtel. Certains sont aujourd’hui SDF, comme le doyen des sinistrés. Le traumatisme de 2015 est toujours dans son esprit. Pourtant, il y a deux ans, la ministre du Logement de l’époque, Sylvia Pinel, avait promis que tous seraient relogés.

La mairie dit faire tout son possible pour régler les situations. Pourtant, elle a estimé que la Seine-Saint-Denis manquait cruellement de logements sociaux pour reloger tout le monde. Par conséquent, les habitants de l’immeuble ont le sentiment d’être traités par l’État comme des victimes secondaires. Or, elles demandent à être pleinement considérées comme des victimes du terrorisme.

L’État nous a ignoré

A lâché Yasmina au micro de France 2.

Elle ne perd pourtant pas espoir. En effet, elle espère être un jour reconnue comme une victime du terrorisme. Cela lui permettrait de pouvoir bénéficier d’une aide supplémentaire afin de se reconstruire.

La préfecture s’est engagée vendredi 17 novembre à réexaminer le cas de ceux dont la prise en charge a cessé. Néanmoins, elle rappelle que sur les 47 foyers, 30 ont été relogés, 13 sont toujours hébergés.

Publié le dimanche 19 novembre 2017 à 13:31, modifications dimanche 19 novembre 2017 à 10:54

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