Société

À quoi va ressembler le service national universel présenté ce mercredi 27 juin ?

À priori, le dispositif du service national universel sera plus éducatif que militaire. Il devrait être imposé pour tous les adolescents de 16 ans, qui passeront notamment quinze jours obligatoires dans un internat.

STORY - Episode 22/29

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Promesse électorale d’Emmanuel Macron et après de nombreux rapports et réflexion, les contours du service national universel (SNU) vont être dévoilés ce mercredi 27 juin.

A priori on s’oriente vers, a minima, une période d’un mois autour de l’âge de 16 ans.

A déclaré mardi 26 juin sur RTL le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. Il a précisé que les « grandes orientations » du projet seraient « annoncées mercredi en Conseil des ministres.

Le dossier du SNU est un sujet très sensible. En effet, lors de sa campagne électorale, le candidat Macron avait promis en mars 2017 de rétablir un « service militaire universel obligatoire d’un mois ». Or, en février dernier, le chef de l’État s’est finalement prononcé en faveur d’un service « obligatoire d’une durée totale de trois à six mois ». Il avait déclaré vouloir le recentrer sur un engagement davantage civique.

Obligatoire pour les filles et garçons entre 16 et 18 ans

Selon le projet du gouvernement, le SNU devrait être mis en place progressivement. Et devrait « monter en puissance » pendant 7 ans. Il pourrait être rendu obligatoire pour les filles comme les garçons, entre 16 et 18 ans. Et devrait ainsi concerner 720.000 jeunes par an en 2025.

Dans le détail, le service d’un mois sera divisé en deux périodes de douze jours. La première sera la même pour tous. En effet, elle consistera en un bilan de santé. Il permettra d’avoir des données concrètes sur une classe d’âge. Mais aussi d’illettrisme, afin notamment d’évaluer la réalité du décrochage scolaire.

À l’occasion cette première période, les jeunes apprendront les gestes élémentaires de premiers secours. Comme c’est déjà le cas lors de la journée d’appel et de préparation à la défense. Les jeunes filles et jeunes hommes seront également formés aux actes « réflexes » à adopter en cas de catastrophe naturelle ou de crise. Ils devront notamment acquérir la capacité à s’orienter ou à utiliser une radio. Par cette formation, les autorités cherchent à grossir les rangs des « logisticiens bénévoles de sécurité civils ». Ainsi d’avoir des ressources capables d’intégrer un poste de secours en complément de la Croix-Rouge, de la Protection civile et de l’Ordre de Malte.

Ensuite, la seconde période de douze jours sera, elle, consacrée à un stage dans l’un de ces cinq domaines :

  • l’aide à la personne,
  • l’environnement et le développement durable,
  • la défense et la sécurité,
  • la culture,
  • le numérique ou le tutorat.

Ce dernier point visera à rattraper les « décrocheurs identifiés » lors de la première période.

Enfin, à l’issue de ce stage, les jeunes pourront choisir d’effectuer un service civique volontaire de trois à six mois dans l’une de ces spécialités.

Des séjours en internat

Les créneaux, répartis entre les vacances de la Toussaint, de février, d’avril et d’été, permettront à chaque fois d’accueillir plus de 77.000 stagiaires en pension complète dans les locaux de pensionnats ou de colonies de vacances.

Un peu moins d’un quart des 18.000 formateurs mobilisés devraient être « permanents », par exemple d’anciens militaires. Les autres seront des stagiaires, issus des grandes écoles d’État, civiles et militaires, qui devront consacrer six mois à cette activité. Ils pourront être rejoints par des étudiants en STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives). Ou des élèves de grandes écoles privées, sur la base du volontariat.

Le budget annuel de cette phase est estimé à 1,6 milliard d’euros « en rythme de croisière ». Et, hors investissements en infrastructure qui avoisinerait les 1,7 milliard sur sept ans.

Le groupe de travail, présidé par le général Daniel Ménaouine, recommandait d’organiser au préalable une consultation de la jeunesse. Et ce, afin de déminer les risques d’opposition à ce projet « s’il était mal compris ou mal conçu ». Un conseil de prudence que le gouvernement a décidé de suivre. Ainsi, une consultation assez large sera organisée dès la rentrée par les services du Premier ministre avec les associations de jeunesse. Ces rendez-vous permettra d’affiner les contenus définitifs.

Déjà le projet a suscité méfiance et perplexité en raison de son coût potentiel, du casse-tête posé par l’hébergement et l’encadrement de centaines de milliers de jeunes par an ou encore de son caractère obligatoire. Les principales organisations lycéennes, étudiantes et de jeunesse ont fustigé début juin dans une tribune les « incohérences » et le caractère « contraignant » de ce projet, ainsi que sa logique « démagogique ».

Publié le mercredi 27 juin 2018 à 9:07, modifications mercredi 27 juin 2018 à 11:46

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