Société

A la découverte du minimalisme, la tendance qui pousse ses adeptes à vivre avec le strict nécessaire

Posséder moins pour être plus heureux : telle est la philosophie de ce nouveau courant new age qui prône un retour à l’essentiel.

Fumio Sasaki, auteur du best-seller Goodbye Things, et Joshua Becker, gérant du blog Becoming Minimalist, sont les deux figures de proue du minimalisme. Ce mouvement prône un renoncement aux possessions matérielles superflues, et invite ses adeptes à vivre avec le strict nécessaire, qui se résume souvent à quelques vêtements, un kit de toilette, un ordinateur et un téléphone.

Cette nouvelle mode, qui va à l’encontre de notre société d’hyperconsommation, vante un retour à une vie plus simple et finalement plus heureuse. Enquête sur cette nouvelle tendance qui convainc de plus en plus d’adeptes à travers le monde.

Quand bonheur rime avec espace vide

Il n’est pas étonnant que cette nouvelle mode soit née au Japon. En effet, le design de l’archipel est connu pour son style très minimaliste, et ce depuis les premiers monastères zen. La version moderne de cet héritage s’incarne désormais dans le nouveau mouvement minimaliste, qui prône un mode de vie radical, dépourvu de quasiment toute possession matérielle, et qui entend pousser ses adeptes à se concentrer uniquement sur les valeurs les plus essentielles. 

Le Japonais Fumio Sasaki, qui a théorisé le minimalisme dans son livre au titre évocateur, Goodbye Things, définit se courant comme un véritable style de vie grâce auquel on en vient à limiter nos possessions à “l’absolu minimum”. Âgé de 38 ans, il a fait paraître ce véritable manifeste en 2017 dans lequel il décrit le processus qui l’a mené à cette révélation.

Il raconte ainsi avoir commencé par jeter les livres qu’il n’avait pas lus, puis ses vêtements les moins utilisés, et enfin sa collection d’antiquités, pour laquelle il avait pourtant beaucoup travaillé. Mais loin de se sentir malheureux après s’être détaché de tous ces objets, celui-ci s’est mis à éprouver un bonheur beaucoup plus intense et authentique au terme de ce processus.

Un courant qui séduit de plus en plus

Au-delà de son aspect radical, ce style de vie présente des bénéfices évidents, comme une réduction importance des dépenses et un appartement mieux rangé. C’est ce qui pousse aujourd’hui de nombreux trentenaires à l’adopter. Un succès important dont bénéficie le blog de Joshua Becker, Becoming Minimalist, qui revendique plus d’1,1 millions de followers sur Facebook.

Le livre de Fumio Sasaki est lui aussi victime de son succès, puisqu’il va désormais être traduit dans 14 langues et s’étendre bien au-delà des frontières de son Japon natal. D’après l’auteur, le courant minimaliste est voué à rassembler toujours plus d’adeptes, dans un contexte de remise en question du consumérisme ambiant.

Pour Joshua Becker, cet essor s’explique par plusieurs facteurs, comme la crise mondiale, les préoccupations écologiques, le niveau important d’endettement personnel, ou encore le progrès technologique qui permet d’embarquer dans un petit appareil électronique des quantités très importantes d’informations.

Comment devenir minimaliste ?

Pour devenir minimaliste, il faut commencer par une prise de conscience profonde à propos du caractère superflu de la plupart des objets que nous possédons. Cette tendance à accumuler provient en partie du consumérisme ambiant, sans cesse alimenté par le marketing publicitaire, qui essaie de nous convaincre que nous serons plus heureux en possédant davantage. Une fois que l’on a compris le caractère illusoire de cette démarche, un vrai changement peut s’amorcer.

La deuxième étape est celle du grand tri, processus pendant lequel il faut apprendre à lâcher prise. Il faut se préparer à jeter beaucoup d’objets, puis à résister aux tentations permanentes qui détournent notre attention de l’essentiel en permanence.

Enfin, le numérique s’affirmera comme un outil important pour les nouveaux adeptes du minimalisme. En effet, celui-ci offre désormais la possibilité de dématérialiser des objets encombrants comme les disques, les livres ou encore les oeuvres d’art. Le smartphone, la tablette ou l’ordinateur vous aideront dans ce processus, si vous veillez toutefois à ne pas en abuser. Internet peut en effet être un puits d’informations fascinant, mais également une source de tentation importante avec l’omniprésence de la publicité et du e-commerce sur les plateformes les plus populaires. La voie du changement est difficile, mais à en croire Fumio Sasaki et Joshua Becker, elle mène presque inéluctablement à un plus grand bonheur. 

Publié le jeudi 23 août 2018 à 13:46, modifications jeudi 23 août 2018 à 11:30

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