Société

51% des femmes ressentent de l’insécurité dans les transports en commun

L’étude publiée par l’ONDRP fait froid dans le dos.

Certains chiffres frappent. Marquent. Restent imprimés dans notre esprit. L’étude que vient de publier l’ONDRP en fait sans aucun doute partie. On y apprend que plus d’une femme sur deux ne se sent pas en sécurité dans les transports en commun. Ou que 276.000 personnes, “essentiellement des femmes”, ont été victimes d’atteintes sexuelles entre 2014 et 2015.

7% des femmes ne se sentent jamais en sécurité dans les transports

Ce sont des chiffres qui font froid dans le dos. On connaît à travers les témoignages la réalité du phénomène des agressions sexuelles dans les transports en commun. Mais, les chiffres permettent de mesurer l’ampleur du problème dans l’Hexagone. Ainsi, selon l’étude publiée par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), 51% des femmes affirment ressentir de l’insécurité dans les transports en commun. Un chiffre qui n’est que de 38% pour les hommes.

Pour 7% d’entre, elles c’est même un ressenti systématique, à chaque fois qu’elles prennent un bus, un métro ou un tramway. Les hommes ne sont que 4% à partager ce sentiment. Si 276.000 agressions sexuelles ont été recensées sur le période 2014-2015, et que la majorité sont des femmes, ce chiffre cache bien sûr de grandes disparités géographiques. L’Île de France compterait ainsi pour 60% des cas. En cause bien sûr, son maillage très dense de transports en commun et une population beaucoup plus importante.

Une fourchette basse

Le plus inquiétant dans ce chiffre est sans doute qu’il s’agit d’une fourchette basse. En effet, seule la dernière agression est prise en compte. “Si une femme est victime d’une atteinte dans le bus puis dans la rue, l’agression dans le bus ne sera pas comptabilisée” souligne le directeur de l’observatoire Christophe Soullez.  Dans le détail, voici comment se répartissent les différentes agressions :

  • 160.000 parlent de gestes déplacés (caresses ou baisers forcés par exemple)
  • 110.000 d’exhibitions sexuelles
  • 16.000 viols, attouchements ou tentatives

Dans 44% des cas, plusieurs de ces atteintes sont signalées en même temps.

Enfin, ces chiffres sont aussi sous-estimés pour de simples questions juridiques. Certains comportements sexistes ou intimidants comme les regards insistants ou une drague lourde ne sont pas pris en compte et ne peuvent donc pas apparaître dans ces statistiques. Pourtant, ils constituent aussi des phénomènes bien réels.

Publié le mardi 30 janvier 2018 à 16:52, modifications mardi 30 janvier 2018 à 16:52

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