Société

2017 : l’année de la libéralisation de la parole des femmes

Après l’accession de Donald Trump à la Maison Blanche au scandale de l’affaire Weinstein, les langues se sont déliées, entraînant dans leurs sillages la libéralisation de la parole des femmes dans le monde occidental.

2017 aura été marqué par la libéralisation de la parole des femmes. En effet, après la révélation de l’affaire Weinstein, de nombreuses victimes de harcèlement ou agressions sexuels, majoritairement des femmes, sont sorties du silence sur les réseaux sociaux en utilisant les hashtags #BalanceTonPorc ou #MeToo. Rien qu’en France, les plaintes pour violences sexuelles déposées en gendarmerie ont augmenté de 30 % depuis octobre par rapport à l’année dernière.

Pourtant, cette libéralisation a débuté bien avant cette affaire. Elle a commencé par des soulèvements dès janvier aux États-Unis. Des manifestations qui ont réuni de nombreuses voix engagées contre la politique annoncée par Donald Trump. Ainsi, la Women’s March (La Marche des femmes) a rassemblé des centaines de milliers de personnes à Washington et dans d’autres villes américaines telles que Los Angeles, Boston ou Chicago, le 21 janvier dernier, selon le New York Times.

Un effet boule de neige

Toutefois, les voix des femmes ne se sont pas élevées qu’aux États-Unis. Le monde entier a fait entendre ses inquiétudes. Notamment à Paris et dans d’autres villes françaises où les femmes se sont elles aussi données les moyens de se faire entendre et faire bouger les lignes de la société. Le tout ayant été déclenché par la publication de deux enquêtes dans les colonnes du New York Times et du New Yorker, le 12 octobre 2017.

La honte, peu à peu, change de camp.

A ainsi affirmé la sociologue Irène Théry dans une tribune du Monde.

Des affaires qui ont été rendues public après les révélations sur Harvey Weinstein, accusé par de très nombreuses femmes de harcèlement, agression sexuelle ou de viols. Puis, après la publication des articles, par une centaine d’autres, dont Léa Seydoux, Salma Hayek ou Asia Argento. Or, depuis ce 12 octobre, chaque jour est marqué par sa nouvelle accusation d’actes condamnables, prescrits ou non. Comme une traînée de poudre, partout dans le monde les révélations se répandent. Avec, en première ligne de mire, de nombreuses vedettes du cinéma américain : Dustin Hoffman, Kevin Spacey, Sylvester Stallone. Ou encore Quentin Tarantino qui a regretté s’être tu alors « qu’il savait » pour le producteur Harvey Weinstein. L’affaire Baupin, en 2016, n’avait pas fait émerger autant d’autres affaires de harcèlement et agressions sexuelles, en France.

En outre, le monde du cinéma n’est pas le seul à tomber. De nombreuses femmes dans la musique, les médias, et la politique ont « balancé » leurs bourreaux.

Une prise de parole sur les réseaux sociaux

Ainsi, des témoignages de faits plus ou moins graves, mais toujours humiliants, ont alors surgi partout sur les réseaux sociaux. Cette fois, ce sont des femmes inconnues qui ont raconté le jour où leur patron leur a fait des avances sexuelles en échange d’une promotion. Ou encore, leur agression lors d’une soirée qui se voulait pourtant amicale.

Quelques noms d’autres milieux (médias, politique, intellectuel) ont été livrés à la presse comme celui d’Eric Monier de LCI. Ainsi que celui de Jean Lassalle. Ou plus récemment, Thierry Marchal Beck, le président du mouvement des jeunes socialistes (MJS). Enfin Tariq Ramadan, lui aussi accusé d’agressions sexuelles par deux femmes.

Les femmes n’ont pas été les seules à libérer leur parole. Certains hommes ont également pris la parole pour dénoncer des cas d’agressions sexuelles. Ainsi, la chanteuse Mariah Carey n’a pas échappé à la vague d’accusations pour harcèlement sexuel qui a déferlé sur Hollywood. En effet, Michael Anello, le patron d’une entreprise de sécurité explique avoir subi de « nombreuses humiliations » lorsqu’il travaillait pour la diva.

Publié le vendredi 29 décembre 2017 à 11:56, modifications vendredi 29 décembre 2017 à 10:58

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