Société

1/3 des jeunes adultes ont déjà vu une vidéo pornographique à l’âge de 12 ans

D’après cette étude commandée par 20 Minutes, l’exposition des plus jeunes au porno est devenu un phénomène de masse.

Le début de l’adolescence est souvent la période pendant laquelle la première rencontre avec le monde de la sexualité s’effectue, avant même le premier rapport. Mais l’âge d’exposition à des contenus à caractère sexuel n’a cessé de baisser avec la démocratisation de la pornographie, à l’heure d’internet et des smartphones.

En effet, selon une enquête OpinionWay réalisée pour 20 Minutes, 11% des personnes âgées entre 18 et 30 ans aujourd’hui avaient déjà visionné une vidéo pornographique avant l’âge de 11 ans, contre 62% avant 14 ans. Cette consommation de plus en plus jeune peut pourtant avoir des répercussions dramatiques sur la vie sexuelle de ces jeunes adultes, et sur leur vision du sexe opposé.

Le porno est devenu omniprésent chez les jeunes

Nombreux sont les enfants qui découvrent aujourd’hui la pornographie à un très jeune âge. Ainsi, Camille, une lycéenne de 17 ans, raconte que son frère de 11 ans l’a interrogé sur la sexualité après avoir discuté avec des amis à l’école qui regardent des vidéos pornographiques. Celle-ci s’est également étonnée de la facilité avec laquelle ces vidéos sont accessibles, pour quelqu’un d’aussi jeune que son petit frère, grâce à internet.

Et le cas du petit frère de Camille n’est pas isolé, puisque d’après cette étude, 1/3 des personnes âgées de 18 à 30 avaient déjà visionné une vidéo pornographique à l’âge de 12 ans. Et cette exposition très précoce peut avoir des conséquences insoupçonnées sur ces enfants. En effet, ces derniers peuvent développer une vision dévoyée et problématique de la sexualité, basée sur la performance, et parfois la violence et la dégradation.

Ainsi, Mathilde, une jeune animatrice du BAFA interrogée par 20 Minutes, affirme que cette exposition au porno fait reculer l’âge des premiers rapports. En effet, celle-ci raconte que certains formateurs l’ont mis en garde sur le fait que certains enfants âgés de 12 ans pouvaient déjà avoir des rapports dans le cadre d’une colonie de vacances.

Le porno ne reflète pas une sexualité saine

Parmi les jeunes interrogés dans le cadre de l’étude OpinionWay pour 20 Minutes, 90% d’entre eux estiment que le porno ne reflète pas une vision réelle de la sexualité. En outre, 68% d’entre eux affirme que ces vidéos ont des répercussions tangibles sur leur vie sexuelle.

En outre, près de 97% des hommes âgés entre 18 et 30 ans affirment consulter des sites pornographiques. Près de 74% d’entre eux le font d’une façon très régulière. Certains en viennent ainsi à adopter des pratiques dégradantes envers leurs partenaires, pour copier ce qu’ils ont vu à travers des vidéos.

C’est la raison pour laquelle certains utilisateurs prennent la décision radicale de cesser complètement de consommer des contenus pornographiques. Ces derniers le font pour se “rééduquer“, “mieux agir” et “être plus correct avec les femmes“.

Le but est également de

savoir faire la part des choses entre fiction et réalité

Ainsi, d’après Romain, un jeune de 23 interrogé par 20 Minutes, “un travail de sensibilisation et de pédagogie” doit être effectué afin d’aider les jeunes à faire la part des choses. Mais selon lui, les parents ne doivent pas remplir ce rôle. C’est bien plutôt l’éducation nationale qui doit s’en charger. Et il n’est pas le seul à le penser.

La question nécessaire de la prévention

D’après cette étude, 61% des jeunes âgés de 18 à 30 ans se disent favorables à des cours de préventions sur ce sujet épineux. Selon Maxime, qui déplore le manque de sensibilisation aux risques du porno à l’école, ces actions de prévention doivent être mises en place “dès la 6ème ou la 5ème“, au collège donc. En effet, pour lui, “au lycée c’est déjà trop tard“.

Et il semble que ce phénomène inquiétant soit confirmé par des professionnels de l’industrie du porno. En effet, dans une interview de l’ancienne actrice X Nikita Belluci sur Konbini, qui a fait le buzz sur internet, celle-ci y dénonce le harcèlement qu’elle subit sur internet. Ainsi, devant le regard ébahi d’Hugo Clément qui l’interroge, elle lit des messages obscènes envoyés sur Facebook par des enfants parfois très jeunes, âgés d’à peine 12 ou 13 ans. 

D’autres actrices, comme Ovidie, dénoncent l’hypocrisie des grandes plateformes de streaming pornographique comme PornHub et même des autorités politiques, qui ne font rien pour limiter l’accès à leur contenu.

Publié le mercredi 11 avril 2018 à 18:15, modifications mercredi 11 avril 2018 à 14:53

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