Santé

VIH/Sida : un tiers des migrants séropositifs contractent la maladie après leur arrivée en France

Une étude récente réalisée sur des migrants parisiens montre que plus d’un tiers d’entre eux sont contaminés par le VIH après leur arrivée dans le pays.

Les migrants séropositifs le deviennent, pour beaucoup plus d’un tiers d’entre eux, sur le sol hexagonal. C’est de fait la conclusion de l’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS). Celle-ci a présenté les résultats de son étude mercredi, à la Conférence internationale sur le sida. Intitulée Parcours, l’enquête de l’ANRS apporte une preuve supplémentaire sur les liens existant entre marginalisation, précarité et risques d’exposition au VIH/Sida.

Entre un tiers et la moitié de migrants séropositifs le sont après leur entrée sur le territoire

De plus, la majorité des infections au VIH surviennent durant les premières années en France. Ainsi, l’ANRS s’est penchée sur les délais de contamination. Pour se faire, l’agence a analysé les cas de migrants d’Afrique subsaharienne qui vivent en Ile-de-France.

Sur dix migrants séropositifs, six ont contracté le VIH durant leurs six premières années en France. Ce qui fait un pourcentage de 58%. Les 42%  restant l’ont été dans un intervalle de temps supérieur à cette durée.

Des résultats qui corroborent deux faits. D’abord, une autre étude réalisée en 2015 et qui allait dans le même sens que celle-ci. Ensuite, la confirmation que la vie dans des conditions matérielles et sanitaires déplorables occasionne une hausse des risques d’exposition.

Contamination des migrants séropositifs : les explications d’Anne Gosselin

Anne Gosselin est chercheuse au Centre Population et Développement (CEPED). Interrogée par RFI et Têtu, elle propose des explications pour comprendre pourquoi ces migrants qui n’arrivent pas forcément malades en France se retrouvent tout de même aussi vulnérables.

Pour elles (ces populations), la prévention n’est pas une priorité.

Avance Anne Gosselin.

C’est-à-dire que la personne migrante est en situation d’urgence : absence de logement, de titre de séjour ou de ce qui constitue des besoins primaires. Au milieu de cette précarité, pallier le manque de ressources pour s’en sortir peut se transformer en piège, avec les conséquences que l’on sait sur leur santé.

Ce qui fait que les personnes ont soit plus de relations transactionnelles, soit plus de relations non protégées.

Par conséquent, les pistes de solutions préconisées par l’ANRS sont de deux ordres. D’une part, baisser, autant que faire se peut, la durée durant laquelle les migrants sont en situation de précarité. D’autre part, et de façon concomitante, augmenter le volume et la visibilité des campagnes de prévention  à destination des populations-clés déjà présentes en France.

Publié le vendredi 27 juillet 2018 à 15:59, modifications vendredi 27 juillet 2018 à 14:48

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