Santé

La variole recréée en laboratoire relance la crainte d’une guerre bactériologique

Deux chercheurs canadiens ont réussi à recréer en laboratoire une souche active du virus, à l’origine de la variole. Il ne leur a fallu que six mois et seulement 100.000 dollars pour y parvenir.

Alors qu’il a fallu des dizaines d’années et d’importants moyens matériels à l’humanité afin d’éradiquer la variole, une équipe de chercheurs canadiens est parvenue à récréer une version du virus.

En effet, David Evans et Ryan Noyce, deux docteurs et virologues à l’université d’Alberta à Edmonton, au Canada, l’ont récréé en laboratoire. Et ce à partir de fragments d’ADN, une souche active de la variole.

En outre, selon le magazine américain Science et révélé par Le Figaro, pour ces essais, qui leur a pris six mois, ils ont commandé du matériel génétique sur Internet. Pour un coût total de 100.000 dollars (environ 88.000 euros).

Qu’est ce que la variole ?

Rappelons que la variole est une maladie infectieuse d’origine virale, extrêmement contagieuse et qui peut être mortelle.

En effet, le virus a fait des centaines de millions de morts. De plus, il a été responsable de la disparition de populations autochtones en Amérique, en Afrique et en Asie.

Le dernier cas aux Etats-Unis remonte à 1949. Et le dernier cas dans le monde a été repéré en Somalie en 1977.

Or, seule une vaste campagne de prévention et de vaccination lancée par l’OMS à la fin des années 60 avait permis d’éradiquer totalement la maladie dix ans plus tard.

Défaillances des législations

Ainsi, les chercheurs canadiens ont prouvé donc qu’avec des moyens techniques très largement accessibles, des terroristes ou des nations malveillantes seraient capables de recréer des souches de variole contagieuses pour l’homme.

Une telle démonstration met en lumière les défaillances des législations actuelles. Pour les chercheurs en l’état actuelle elles ne peuvent pas empêcher ce genre de production.

Si les deux chercheurs canadiens n’ont créé qu’une souche équine de la maladie, non transmissible à l’homme, ils ont expliqué que leur technique permet de fabriquer une souche de la maladie. Cette fois contagieuse pour l’homme.

Le travail de David Evans et Ryan Noyce n’a pas requis de connaissance. Ou d’expertise biochimiques exceptionnelles. Ni d’investissement ou de temps particulièrement importants.

A mis en exergue Le Figaro, citant un rapport de l’OMS publié en novembre 2016, alors que les travaux des chercheurs n’étaient pas encore publiés.

Ainsi, les virologues ont cherché à inciter les autorités sanitaires du monde entier à ne pas baisser en vigilance concernant le virus.

La disparition de la maladie à la fin des années 70 s’est en effet accompagnée de la diminution des stocks de vaccins disponibles. Mais aussi d’un relâchement de la recherche dans ce domaine.

Aujourd’hui, il existe deux exemplaires du virus de la variole, conservés dans des laboratoires américain et russe.

Or ces deux dernières souches sont au cœur d’une polémique vieille de quarante ans : faut-il ou non les détruire ?

La destruction des dernières souches éviterait des contaminations accidentelles. Mais elle empêcherait aussi de mettre au point de nouveaux vaccins en cas de retour de la maladie. De manière naturelle, ou criminelle. Et aujourd’hui, cette dernière option ne peut plus être écartée.

Ont avancé les chercheurs.

Publié le mardi 11 juillet 2017 à 10:34, modifications mardi 11 juillet 2017 à 9:34

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