Santé

Uvestérol D mis en cause dans le décès d’un nourrisson de 10 jours

Le mode d'administration en cause

Si l’enquête est toujours en cours, il semble néanmoins que le décès du bébé de 10 jours soit imputable à la prise d’Uvestérol D. Un médicament qui fait débat depuis quelques années.

L’agence du médicament (ANSM) a annoncé lundi 2 janvier qu’un nourrisson âgé de dix jours était décédé. Selon une information parue sur le site du Figaro, le bébé a succombé à un arrêt cardio-respiratoire le 21 décembre à son domicile parisien. L’arrêt se serait produit après avoir absorbé une dose d’Uvestérol D. Un médicament utilisé contre la carence en vitamine D.

Selon le quotidien :

Le bébé a présenté des signes de suffocation et fait un arrêt cardio-respiratoire avant d’être transporté à l’hôpital Cochin, à Paris.

L’agence du médicament a ajouté que :

Depuis 1990, date de la mise sur le marché de l’Uvestérol D, aucun décès n’a été imputé à l’administration de ce produit.

Pourtant, vendredi 30 décembre, l’ANSM a alerté les centres de pharmacovigilance (CRPV) chargés de veiller aux effets secondaires des produits de santé.

Depuis, l’agence du médicament a assuré :

Les premières conclusions des investigations seront connues dans les prochains jours. Elles permettront la mise en place des mesures qui s’avéreraient nécessaires.

Placé sous mise en garde dès 2006

L’Uvestérol D est très usité et largement prescrit en France pour « prévenir et traiter les carences en vitamines D chez le nourrisson et l’enfant jusqu’à 5 ans ». On donne de la vitamine D pour contrebalancer la fréquente carence. Une vitamine indispensable à la croissance et à la consolidation des os.

Produit par le laboratoire Crinex, il a déjà fait l’objet de plusieurs mises en garde après des malaises de bébés lors de son administration.

Alors que plusieurs formes de vitamine D sont disponibles, l’Uvestérol D, se présente sous forme d’une solution huileuse. Par conséquent, elle nécessite des précautions d’administration.

Après de premières mises en garde en 2006, l’ASNM avait réitéré, fin 2013, les précautions à prendre lors de la prise de l’Uvestérol D, notamment chez le nourrisson et l’enfant jusqu’à 5 ans.

En effet, l’agence du médicament avait fait état de

Signalements de malaise et de fausse-route chez des nourrissons. En particulier chez des nouveau-nés prématurés et des nourrissons âgés de moins d’un mois.

Elle avait ensuite indiqué avoir demandé au laboratoire Crinex de mettre en place « des mesures de minimisation des risques ».

Ces mesures prévoyaient, entre autre, la remise de fiches conseils aux parents par le médecin ou le pharmacien sur la manière d’administrer le médicament.

Pourtant, à plusieurs reprises, la revue indépendante Prescrire a attiré l’attention sur le risque lié au mode d’administration de ce médicament, soit au moyen d’une pipette doseuse.

Dans un de ses articles publié en 2014, elle avait estimé :

L’ANSM et la firme Crinex ne montraient pas une prise en charge sérieuse du problème.

Revoir le mode d’administration

En 2010, on dénombre 43 malaises, parfois lors d’administration diluée, une apnée, une perte de conscience ou une détresse respiratoire

A détaillé Le Figaro en ajoutant que dans certains cas, une hospitalisation avait été nécessaire.

Ainsi, au total de 2006 à avril 2013, ce sont 93 cas d’effets secondaires qui ont été enregistrés sous Uvestérol D.

Selon une information du Monde, avec le décès du nourrisson ce 21 décembre, les responsables de plusieurs centres régionaux de pharmacologie ont demandé la suspension de l’Uvestérol D :

Il existe des alternatives. Vu la gravité de la situation, une décision forte de l’ANSM serait la bienvenue

A déclaré au quotidien Jean-Louis Montastruc, le chef du service de pharmacologie médicale et clinique au CHU de Toulouse.

Par conséquent, ce n’est pas la molécule qui est en cause mais son mode d’administration.

Tous les jours des centaines de milliers d’enfants reçoivent de la vitamine D. En son absence, une maladie, le rachitisme, peut se développer et être très grave.

A plaidé  le pédiatre Robert Cohen au micro d’Europe 1 ce mardi 3 janvier en ajoutant :

Il faut améliorer ou changer le mode d’administration de la vitamine D. Elle reste utile.

Publié le mardi 3 janvier 2017 à 10:36, modifications mardi 3 janvier 2017 à 10:42

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