Santé

Tampons : bientôt la vérité sur leur composition

Chaque consommatrice va bientôt pouvoir connaître la composition des tampons hygiéniques. Cette décision est notamment due aux 259 000 signataires d’une pétition.

Connaître ces informations sur la composition peut s’avérer important. En effet, les tampons hygiéniques ont déjà provoqué des chocs toxiques. Mélanie Doerflinger, une étudiante de 20 ans, se bat depuis plus d’un an pour que cette composition soit accessible. Pour elle, les femmes doivent pouvoir choisir leur protection périodique en connaissance de cause.

La marque Tampax, leader des protections hygiéniques, a promis qu’elle allait publier au printemps prochain la composition de ses produits sur ses emballages, révèle 20 minutes lundi 23 janvier.

Des traces de désherbant dans les tampons

Une étude argentine publiée en octobre 2015, relate Europe 1, atteste que 85% des serviettes et tampons hygiéniques contiendraient des traces de glyphosate. On retrouve notamment cette molécule dans le désherbant plus connu sous le nom de Roundup… Bien que les quantités de cet herbicide soient assez faibles dans les tampons, on peut supposer que les expositions répétées à ce produit ne sont pas saines pour l’organisme.

Lauren Wasser, victime d’un  choc toxique, amputée de la jambe

L’histoire de Lauren Wasser avait été dévoilée par Vice. La jeune américaine était mannequin et athlète. Mais à 24 ans, elle fait un choc toxique. Elle doit être amputée de la jambe gauche. Ce syndrome du choc toxique, une maladie infectieuse très rare, vient d’une mauvaise toxine, contenue dans le tampon en l’occurrence, qui infecte directement le sang avant de s’attaquer aux organes.

Une composition inconnue du grand public

La composition de ces protections périodiques n’est pas connue du grand public. Ainsi, les utilisatrices ne peuvent faire preuve d’aucune vigilance. La jeune étudiante Mélanie Doerflinger lance une pétition, intitulée “rendre visible la composition des tampons et serviette hygiéniques”, adressée aux représentants des marques Always et Tampax. Elle voudrait que les informations soient disponibles aussi facilement que la composition d’une crème ou d’un shampoing.

Une victoire mais prudence…

Elle reçoit rapidement de nombreux soutiens et compte en janvier 2017 près de 259 000 signataires. L’association 60 millions de consommateurs s’est même alliée à sa cause.

Face à cette mobilisation, la jeune femme est contactée par la marque qui a créé Tampax (Procter&Gamble). Celle-ci lui explique qu’il “n’y a pas de place sur les packings”. Une réponse qui ne convainc pas Mélanie Doerflinger. Finalement, Tampax devrait communiquer les composants de ses tampons sur ses emballages dès ce printemps.

Mais Mélanie Doerflinger reste prudente dans 20 minutes :

Si c’est pour inscrire sur l’emballage la même information que celle qui figure sur la notice, à savoir trois ou quatre éléments de composition, c’est hautement insuffisant.

Début janvier, la jeune femme a publié une lettre ouverte à la ministre de la santé, Marisol Touraine, “pour que les institutions se saisissent de cette problématique”.

Depuis avril dernier, une partie des composants des tampons est déjà disponible dans la notice, mais celle-ci est bien entendu incluse dans la boîte… Des informations complémentaires ont aussi été affichées sur le site Internet de l’industriel.

Publié le mardi 24 janvier 2017 à 13:36, modifications mardi 24 janvier 2017 à 10:56

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